Tchad : pour relancer l'économie, l'Etat éponge une partie de sa dette intérieure

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Les 12 milliards de Fcfa débloqués sont destinés uniquement aux petites et moyennes entreprises offrants des prestations de biens et services à L'Etat, appelées «bons de commandes administratives».
Les 12 milliards de Fcfa débloqués sont destinés uniquement aux petites et moyennes entreprises offrants des prestations de biens et services à L'Etat, appelées «bons de commandes administratives». (Crédits : DR)
Sur fond de crise sociale généralisée, le gouvernement tchadien vient de débloquer 12,3 milliards de francs CFA pour payer une partie de sa dette intérieure au bénéfice des seuls opérateurs offrant des biens et services à l'Etat, appelés «bons de commandes administratives». Les grandes entreprises, elles, devraient patienter le temps que l'Etat prépare les 40 milliards qui leur sont prévus à titre de compensation.

Les patrons des PME tchadiennes se frottent déjà les mains. Le ministre tchadien des Finances et du budget, Abdoulaye Sabre Fadoul, a annoncé le lundi 12 février que l'Etat débloquera une enveloppe de 12,2 milliards de Fcfa pour s'acquitter d'une partie de sa dette intérieure.

«J'ai le plaisir de vous informer que nous avons l'autorisation de procéder au règlement de ce montant de 12 milliards 279 millions », a annoncé en substance le ministre des Finances. Cette mesure devrait ainsi soulager la trésorerie des opérateurs économiques, relancer de l'économie et répondre aux urgences sociales supportées par les opérateurs économiques.

Abdoulaye Sabre Fadoul a précisé que ce montant est destiné uniquement aux opérateurs qui offrent des biens et services à l'Etat appelés «bons de commandes administratives» (BCA) et qu'il ne prend pas en compte les grandes entreprises.

En effet, à titre de compensation, le gouvernement prévoit un autre montant de 40 milliards de Fcfa pour les grandes entreprises. «Nous avons un certain nombre de grandes entreprises qui doivent des montants plus ou moins importants au titre de diverses taxes, essentiellement des impôts. Certaines de ces entreprises ont sollicité que l'on procède à des compensations entre ce qu'elles doivent aux impôts et ce que le Trésor leur doit. Le principe est accepté par l'Etat», a révélé le ministre.

Le montant total de la dette encore imprécis

La dette intérieure tchadienne fait l'objet d'une vive controverse entre les opérateurs économiques et l'Exécutif. Abdoulaye Sabre Fadoul avait annoncé en janvier dernier que la dette s'élevait à 800 milliards de Fcfa, soit le montant que le Trésor public doit aux établissements bancaires du pays. Mais rapidement, un comité technique est mis sur pied pour déterminer le montant exact et fixer les modalités de paiement.

Rappelons que depuis quelques années, le Tchad vit au rythme d'une crise économique entraînant dans son sillage une crise sociale, avec notamment des syndicats qui protestent contre les mesures d'austérité visant à effectuer des coupes sur les salaires des fonctionnaires. Selon les partenaires financiers du pays, le Tchad ne peut plus supporter sa masse salariale et ne peut continuer à prêter auprès des banques pour payer les salaires, cette opération étant à l'origine de l'explosion de la dette intérieure.

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