Ouganda : le pétrole du lac Albert sera acheminé vers la Tanzanie via un oléoduc de 1 400 km

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(Crédits : DR.)
Les deux pays ont signé ce dimanche un accord pour le lancement de ce projet opéré par Total aux côtés du chinois CNOOC et du britannique Tullow et fortement contesté par des ONG pour ses conséquences sur « des écosystèmes extrêmement sensibles dans une région dont la biodiversité est une des plus riches au monde ».

Les présidents tanzanien John Magufuli et ougandais Yoweri Museveni ont signé dimanche un accord sur la construction d'un oléoduc de plus de 1 400 km, un projet dénoncé par des ONG pour ses conséquences sur l'environnement. Le projet, opéré par la compagnie française Total aux côtés des sociétés chinoise CNOOC et britannique Tullow, prévoit l'exploitation de gisements découverts en 2006 en Ouganda dans la région du lac Albert (Ouest), et l'acheminement du pétrole par cet oléoduc, d'un coût estimé à 3,5 milliards de dollars.

Les deux chefs d'Etat ont signé cet accord à Chato, la ville de Magufuli. « Cette signature aujourd'hui est une étape cruciale dans l'application du projet qui va non seulement créer des emplois, mais aussi promouvoir la coopération régionale et stimuler le développement économique dans les zones traversées par l'oléoduc », a déclaré le président tanzanien.

Les travaux sur cet oléoduc d'Afrique de l'Est (EACOP) doivent débuter d'ici la fin de l'année. « Nous voulons que nos peuples travaillent vite pour lancer ce projet », a affirmé Museveni lors de la cérémonie.

Un risque pour l'environnement et des milliers d'emplois à la clé....

Après des années de discussions sur le tracé de l'oléoduc vers l'océan Indien, l'Ouganda a annoncé en 2016 sa décision de le faire passer par la Tanzanie, jusqu'au port de Tanga, plutôt que par le Kenya. La Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et l'ONG Oxfam ont mis en garde dans un rapport publié le 10 septembre contre les risques que fait courir ce projet aux modes de vie des populations et à « des écosystèmes extrêmement sensibles dans une région dont la biodiversité est une des plus riches au monde ».

Les ONG avaient notamment mis dans leur viseur la banque sud-africaine Standard Bank Group et la société japonaise Sumito Mitsui Banking Corporation qui contribuent au financement du pipeline.

En Ouganda notamment, les gisements de pétrole sont situés au sein de plusieurs réserves naturelles, l'un d'eux s'étend jusque dans les Murchison Falls, le plus grand parc national du pays. La Tanzanie affirme que le projet créera 10 000 emplois et que plus de 90 000 personnes seront dédommagées pour la construction de l'oléoduc.

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