Électrification (3/3) : Power Africa, le plan anti-obscurité d'Obama

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(Crédits : Reuters)
Plusieurs observateurs qualifient encore les 8 ans de passage de Barack Obama à la Maison Blanche de "déception pour l'Afrique". C'est oublier que, même si le premier président noir des Etats-Unis a fait des remontrances à des dirigeants de son continent d'origine, il a parfois porté des projets pour amorcer le développement de l'Afrique. Le plus marquant sera sans doute Power Africa qui veut illuminer le continent.

Avant son départ de la Maison Blanche, le plus africain des 44 présidents des Etats-Unis a appuyé sur l'interrupteur pour illuminer l'Afrique. Barack Obama prêche depuis bientôt trois ans pour l'électrification de l'Afrique, sans avoir été entendu par ses homologues africains.

Alimenter 60 millions de foyers

Lancée en 2013, son initiative baptisée « Power Africa », n'a été couronnée qu'en février 2016 par le vote de l'Electrify Africa Act du parlement. L'ambition : doubler la capacité énergétique installée en Afrique subsaharienne en l'accroissant de 30 000 mégawatts pour alimenter 60 millions de foyers d'ici 2030.

Avant le blanc-seing du parlement américain, le projet énergétique du président américain, pourtant soutenu par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, a un peu traîné des pieds. Le temps presse et le projet peine à diffuser ses lumières sur un continent souvent plongé dans l'obscurité dès la tombée de la nuit. Alors, le président américain joue la course contre la montre. Le 21 septembre dernier, en marge de la 71e assemblée générale des Nations Unies et du sommet Etats-Unis-Afrique, tenus à New-York, Barack Obama a annoncé un investissement d'un milliard de dollars pour le financement de l'initiative Power Africa.

Cette nouvelle enveloppe viendra compléter les 7 milliards dollars d'investissement initial glanés auprès de 12 agences gouvernementales chapeautées par l'Usaid, l'agence américaine chargée de l'aide au développement. Il faudra y ajouter les 20 milliards de dollars collectés auprès des grandes entreprises américaines du secteur privé. La chaîne d'entraînement devrait permettre d'amasser une enveloppe globale de 52 milliards de dollars pour atteindre l'objectif du projet.

'Des Afriques', une initiative

Dans sa première phase, Power Africa s'est focalisée sur le Ghana, le Liberia, le Nigeria, l'Ethiopie, le Kenya et la Tanzanie, tous anglophones, ce qui a valu à l'administration Obama une volée de bois vert de la part de l'Afrique francophone dans un continent où les blocs linguistiques se mènent une féroce concurrence. Depuis, le projet a été élargi à l'Afrique francophone avec le lancement, fin septembre 2016, du financement de deux projets énergétiques au Sénégal et d'autres prévus au Bénin et en Côte-d'Ivoire.

Concrètement, Power Africa compte atteindre ses objectifs en contribuant au financement pour accroitre la production hydroélectrique, de l'énergie solaire ou éolienne mais aussi la construction de centrales à gaz. Plus novateur encore, Power Africa veut œuvrer à l'exploitation de l'énergie géothermique ou encore amorcer la production et l'énergie issue de la biomasse. Barack Obama laisser derrière lui un projet inachevé, pourtant porté à bout de bras pour son continent d'origine pour lequel il n'aura obtenu que 15 milliards de dollars de financement sur les 33 promis lors du premier forum américano-africain de 2014.

Mais Obama n'a pas dit son dernier mot. «Vous devez vous attendre à ce que je continue à travailler avec vous tous dans les années à venir», a lancé le président américain à ses pairs africains.Une façon peut-être de se racheter et apporter ses lumières à l'Afrique.

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