Opération Okae Molao : arrestation massive de ressortissants étrangers en Afrique du Sud

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(Crédits : Reuters)
L’opération porte le nom d’Okae Molao signifiant «De quel côté se situe la loi?». Elle a nécessité une coordination entre la douane, la police de la circulation routière, les services de sécurité de proximité, des agents des transports et des agents préposés à l’immigration. Elle n’aura épargné personne, ni les étrangers ni même les rangs de la police. Menée dans le quartier des affaires de Johannesburg, dans la province du Gauteng, cette opération conjointe a conduit à l’arrestation de près de 600 ressortissants étrangers et de sept policiers. Si le contrôle de l’immigration clandestine ou encore la lutte contre la contrefaçon sont évoqués dans le cas des premiers, c’est la corruption présumée qui explique la mise sous verrous des policiers.

C'est le deuxième raid en deux semaines. Depuis le début de la semaine passée, l'opération conjointe des forces de contrôle et de sécurité et du département des Affaires intérieures (chargée de l'immigration) mène des raids dans les différents points de vente du quartier d'affaires de Johannesburg. Avec un périmètre de bouclage du cœur du centre-ville, l'opération a permis à la police de prendre dans ses filets plus de 560 ressortissants étrangers, selon un long communiqué conjoint des agences de sécurité ayant participé à l'opération Okae Molao.

Sous couvert de lutte contre la criminalité, plusieurs étrangers arrêtés

Cette dernière intervient une semaine après une intervention policière en marge de violents heurts entre les tenanciers de boutiques de marque et des vendeurs ambulants accusés d'écouler à proximité de leur clientèle des produits contrefaits. Sous couvert autant de lutte contre la criminalité, la contrefaçon et le commerce illégal, l'opération a également permis notamment la saisie de 6 fusils dont des AK 47 et des centaines de munitions de différents calibres en plus de vêtements et chaussures en imitation de grandes marques, détaille le communiqué.

«Nous ne pouvons pas avoir une gouvernance parallèle avec les criminels, nous allons donc continuer à réduire à zéro l'espace réservé aux criminels, sans distinction de race, de sexe ou de nationalité», a réagi Bheki Cele, le ministre de l'Intérieur de la province du Gauteng. Et pourtant, même si la police ne précise pas la nationalité des personnes arrêtées, les médias locaux laissent entendre qu'il s'agirait en majorité de ressortissants étrangers dont de nombreux citoyens d'Ethiopie, du Zimbabwe ou encore du Nigeria. L'opération a aussi été une occasion pour les autorités de procéder à des contrôles de la régularité du séjour chez plusieurs personnes interpellées.

Sept policiers interpellés

Dans la foulée, les forces conjointes du raid ont procédé à l'interpellation de sept policiers. Cinq agents de la police ont été interpellés alors qu'ils tentaient de revendre clandestinement les produits confisqués lors de la saisie de la semaine précédente et dérobés lors de leur transport après la saisie. Deux membres de l'équipe tactique d'intervention ont été également arrêtés pour avoir divulgué à des commerçants illégaux des détails sur l'opération de ratissage de la police.

Dans l'opinion publique sud-africaine, cette opération qui a permis une arrestation massive d'étrangers inquiète. Il faut dire qu'elle n'est pas sans rappeler la série d'attaques xénophobes enregistrée à la mi-mars 2017 à l'encontre de plusieurs ressortissants de pays d'Afrique subsaharienne. La gravité de la situation avait même poussé le Nigeria à saisir l'Union africaine (UA) après avoir saisi les autorités de Pretoria pour des mesures de protection de ses ressortissants. Beaucoup craignent que l'opération cette opération de police ne fournisse le prétexte à une flambée des violences.

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