Le FMI poursuit le financement des réformes au Burkina Faso

Le FMI vient d'octroyer au Burkina Faso une assistance financière de 157,6 millions de dollars pour soutenir son programme de réformes. Le prêt devrait aider le pays à rééquilibrer sa balance de paiement, à réduire la pauvreté, mais aussi à renforcer la résilience de son économie face aux chocs futurs, dans un contexte sécuritaire tendu.
Le Burkina Faso est membre du FMI depuis mai 1963. Le pays possède une quote-part de 140,48 millions en termes d'actif de réserve international (DTS) auprès de l’institution.
Le Burkina Faso est membre du FMI depuis mai 1963. Le pays possède une quote-part de 140,48 millions en termes d'actif de réserve international (DTS) auprès de l’institution. (Crédits : © Yuri Gripas / Reuters)

Le conseil d'administration du FMI vient d'approuver ce 14 mars 2018, en faveur du Burkina Faso, un nouvel accord de Facilité élargie de crédit d'un montant de 157,6 millions de dollars. Etalé sur trois ans, le programme de financement devrait contribuer à atteindre une position viable de la balance des paiements et à soutenir le développement inclusif pour réduire la pauvreté, à travers des réformes fiscales et la création d'un espace budgétaire dédié aux dépenses d'investissements prioritaires, notamment dans les domaines de la sécurité, des services sociaux et des infrastructures. Le programme vise également à catalyser les investissements publics et privés et à favoriser l'émergence d'une économie solide et résiliente.

L'économie burkinabè a connu une croissance de 6,5% en 2017, contre 5,9% en 2016, laquelle croissance a été portée par les performances dans le secteur agricole -particulièrement la production cotonnière- la croissance du secteur minier aurifère, et les investissements publics.Sur le moyen terme, en y incluant l'année en cours, le FMI table sur une croissance de 6% pour l'économie burkinabè.

Ce nouveau programme de financement de l'institution de Bretton Woods intervient dans un contexte où le pays fait face aux risques de détérioration de son environnement sécuritaire, à la volatilité des prix des matières premières importées ou exportées, aux aléas climatiques et surtout à la menace terroriste. Rien qu'au cours du mois de mars 2018, le pays a essuyé deux attaques sanglantes, faisant huit morts et visant l'ambassade de France à Ouagadougou et le siège de l'état-major des armées.

Revendiqués par une organisation terroriste liée à al-Qaïda, ces attentats illustrent parfaitement les défis sécuritaires que le pays doit relever pour rassurer les investisseurs et maintenir son niveau de croissance actuel.

«Le Burkina Faso est confronté à d'énormes challenges, intensifiés par les récentes périodes de troubles sécuritaires et sociales», a souligné Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint du FMI, dans un communiqué du 14 mars. Mais, en dépit de ce climat tendu, le pays a réussi à engranger plusieurs points positifs.

Respect des critères de convergence

L'adhésion des autorités du Burkina aux critères de convergence de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) concernant le déficit budgétaire global, la mobilisation des recettes et la masse salariale et la dette a été fortement appréciée par les instances du FMI. Le cadre budgétaire qui sous-tend le nouveau programme, bien qu'ambitieux, offre une voie crédible vers la réalisation du critère de convergence de l'UEMOA pour le déficit budgétaire global d'ici à 2019, estime l'institution financière.

Le programme vise à ramener le déficit budgétaire à un niveau compatible avec les engagements du pays dans l'UEMOA, tout en protégeant les dépenses critiques en services sociaux et en investissements publics prioritaires. Le renforcement de la dette et la gestion des finances publiques, les réformes douanières et administratives, la sélection et l'analyse améliorées des grands projets d'infrastructure -y compris les partenariats public-privé (PPP)- devraient soutenir les efforts des autorités pour maximiser les bénéfices des dépenses publiques tout en préservant la dette.

Aussi, la décision des autorités de s'abstenir de recourir à des arrangements de préfinancement, en raison du risque budgétaire que ces arrangements entraîneraient, a été fortement saluée.

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