Le commerce intra-africain reste limité par le déficit d'infrastructures

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Chantier de construction de la liaison routière entre la zone industrielle de Pintown et le nord de Durban en Afrique du Sud, en février 2013.
Chantier de construction de la liaison routière entre la zone industrielle de Pintown et le nord de Durban en Afrique du Sud, en février 2013. (Crédits : Reuters)
Aujourd'hui encore, le déficit d'infrastructures en Afrique est un handicap pour la facilitation du commerce intra-régional et du développement économique et la transformation en Afrique. Pour y palier, le Continent a besoin de pas moins de 300 milliards de dollars d'ici à 2020 à investir dans ce secteur vital pour son avenir socioéconomique.

La Commission économique pour l'Afrique (CEA) en est convaincue : le déficit d'infrastructures sur le continent noir est un frein pour la facilitation du commerce intra-régional et du développement économique et la transformation en Afrique. L'institution est davantage convaincue qu'il s'agit d'un défi majeur à relever sur le court terme.

D'après Giovanie Biha, secrétaire exécutive adjointe de la CEA, et via un communiqué publié en marge d'une réunion sur la facilitation du commerce et les infrastructures, tenue les 26 et 27 octobre à Bulawayo, au Zimbabwe, le coût financier pour donner une réponse adaptée aux besoins d'infrastructure du continent est important. Citant les estimations de la Banque africaine de développement (BAD), Giovanie Biha a fait constater que le Continent a besoin de près de 93 milliards de dollars par an jusqu'en 2020 pour combler son déficit d'infrastructure, soit environ 300 milliards de dollars.

Le point de vue de la responsable onusienne est largement partagé en Afrique. Intervenant dans le cadre de la 18e session ordinaire de l'Union africaine en janvier dernier, le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi avait déclaré :

«Le renforcement du commerce africain est une volonté que nous partageons à 100%, mais il ne suffit pas d'ajouter une nouvelle couche institutionnelle à celle qui existe déjà pour régler nos difficultés à assurer des échanges commerciaux entre nous».

Pour lui, il faut des solutions «réalistes» pour faire face aux difficultés du commerce intra-africain, notamment résoudre la faiblesse des infrastructures transnationales. En ce sens, reconnaît Meles Zenawi, l'évolution de projets comme la construction de routes entre l'Ethiopie et le Kenya, la mise en place d'une interconnexion électrique entre Djibouti et l'Ethiopie et la connexion ferroviaire entre le Kenya et l'Ethiopie est une bonne nouvelle. «C'est à travers des projets concrets d'intégration régionale comme ceux-là que nous allons renforcer le commerce intra-africain», a renchéri le Premier ministre éthiopien.

Approches régionales et partenariats stratégiques

Giovanie Biha a expliqué que les déficits d'infrastructures sur le continent peuvent être relevés si l'on procède par des approches régionales et des partenariats stratégiques. «L'approche régionale est un moyen efficace de coordonner les actions, de fixer des priorités, d'examiner les progrès, de mobiliser des ressources, de mobiliser des fonds et de surveiller les niveaux de contribution pour résoudre des problèmes communs », a-t-elle déclaré avant d'ajouter que «l'Afrique doit se tourner vers l'intérieur pour financer le développement de ses infrastructures et le démantèlement des obstacles au commerce intra-africain et à la circulation des personnes à travers le continent».

Selon la secrétaire exécutive adjointe de la CEA, beaucoup d'efforts ont été déjà consentis dans ce sens par les communautés économiques régionales (CER) pour diminuer les pressions frontalières et promouvoir le commerce intra-africain. C'est le cas du poste frontalier One-Stop de Chirundu entre la Zambie et le Zimbabwe, un «excellent exemple» de ce que la région peut accomplir avec une forte volonté politique des dirigeants.

Pour sa part, la CEA s'est déclarée disponible, avec l'appui d'autres partenaires de développement, pour renforcer sa collaboration avec les pays africains, et prête à fournir à ces derniers un soutien technique et consultatif pour aider à la résolution des problèmes de facilitation du commerce auxquels la région est confrontée.

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