L'économie congolaise renoue avec la croissance

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Exploité par le groupe Total, le champ Moho Nord, en mer profonde à près de 75 km au large de Pointe-Noire, a démarré sa phase de production en 2017.
Exploité par le groupe Total, le champ Moho Nord, en mer profonde à près de 75 km au large de Pointe-Noire, a démarré sa phase de production en 2017. (Crédits : Reuters)
Les autorités congolaises prévoient un bond de la croissance économique de 4% environ cette année, contre moins de 2% en 2017. Cette performance annoncée sera portée par le l'amélioration des activités du secteur pétrolier et les réformes économiques engagées par le gouvernement.

L'économie congolaise devrait renouer avec la croissance cette année. Selon la ministre congolaise du Plan, de la statistique et de l'intégration régionale, Ingrid Olga Ebouka Babakas, le pays attend une croissance économique de 4% cette année, contre moins de 2% enregistrés l'année dernière.

La responsable qui s'exprimait face à la presse, ce mardi à Brazzaville à l'issue d'une réunion du Comité monétaire financier national et du Conseil national du crédit du Congo tenu ce mardi, a expliqué que ce rebond s'explique par les réformes engagées par le gouvernement et l'augmentation de la production pétrolière.

En parallèle, le gouvernement s'attend également à un recul du déficit budgétaire. Selon les experts, le pays enregistre un recul du déficit budgétaire global base engagements, hors dons, de 402,5 milliards en 2016 à 374,7 milliards en 2017, compte tenu de l'ajustement budgétaire opéré par l'Etat.

Bonne nouvelle également au niveau des comptes extérieurs du pays où l'on note une amélioration du déficit du compte courant qui a chuté de 66,1% à 5,5% du PIB du pays.

D'un autre côté, le Comité monétaire et financier national annonce que le taux d'inflation au Congo pourrait légèrement progresser avec 1,3% de moyenne annuelle, restant néanmoins bien en dessous de la norme imposée pour les Etats de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), et qui est de 3%.

Relance de l'industrie

Pour la Banque africaine de développement (BAD), malgré les avancées annoncées, le Congo reste en retard par rapport à d'autres pays africains ayant un niveau de développement similaire. Une situation que l'institution impute à la forte dépendance vis-à-vis des produits pétroliers qui «exacerbe une position extérieure déjà fragile».

Dans ses Perspectives économiques en Afrique 2018 (PEA 2018), la BAD estime que la situation actuelle marquée par la chute continue des cours du pétrole pourrait être plutôt une bonne chose pour le pays. «Une relance de l'industrie et de la construction serait le principal moteur de la croissance. Outre ses abondantes ressources naturelles pétrolières, forestières et minérales, le Congo peut exploiter sa position stratégique en Afrique centrale et ses 170 km de littoral atlantique pour stimuler son économie. Les projets de réhabilitation et modernisation des trois aéroports internationaux congolais appuieront les investissements étrangers », note la BAD.

L'institution africaine recommande aux dirigeants des réformes pour améliorer le climat des affaires qui, actuellement trop coûteux, décourage les investisseurs potentiels. Dans le dernier rapport Doing Business, le Congo a été classé 179e sur 190 pays, perdant ainsi deux places par rapport à 2017.

Notons que sur le plan de la croissance, les chiffres annoncés par le gouvernement congolais ne sont pas les mêmes que ceux de la BAD. «Une reprise économique est projetée à 3,1 % pour 2018 et 2,1 % pour 2019. Elle s'appuiera sur l'augmentation de la production pétrolière résultant de la mise en production du champ pétrolier de Moho-Nord, représentant 19,3 % de la production nationale», prévoit la BAD dans son dernier livrable sur les perspectives économiques en Afrique.

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