Côte d'Ivoire : réinsérer les enfants en difficulté pour en faire les citoyens de demain

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Dominique Nouvian Ouattara, Première Dame de Côte d'Ivoire
Dominique Nouvian Ouattara, Première Dame de Côte d'Ivoire (Crédits : DR)
Comme s'y engage depuis plus de vingt ans la Fondation Children of Africa, tout doit être fait pour assurer aux enfants ivoiriens un avenir meilleur. Il en va de notre capacité à être une nation prospère, unie et en paix.

Un enfant qui ne bénéficie pas de toute l'aide possible pour grandir et se développer deviendra, demain, un adulte relégué au ban de la société, et ce pour le restant de sa vie. C'est pourquoi il est de notre devoir d'offrir à tous les enfants du pays, d'où qu'ils viennent et quelle que soit leur situation, leur histoire et leur parcours, l'opportunité de se construire dans un environnement stable, rassurant et respectueux de leurs besoins. Chaque enfant a le droit de grandir en toute sécurité, en prenant le temps d'apprendre, de découvrir le monde qui l'entoure et de faire ses propres choix.

Si les obstacles que rencontrent les enfants ivoiriens en difficulté leur sont communs, chacun d'entre eux doit faire face à des situations particulières : certains, en rupture familiale ou sociale, vivent dans les rues des grandes villes, où ils errent désoeuvrés en compagnie de bandes de jeunes délinquants, parfois violents ; d'autres, issus des régions rurales ou défavorisées du pays, rencontrent toutes les difficultés du monde pour accéder à l'école ou aux soins médicaux les plus élémentaires ; d'autres encore sont victimes de trafics humains, contraints de travailler dès leur plus jeune âge, astreints à des tâches difficiles - notamment dans les plantations de cacao et les mines artisanales illégales - ou dégradantes et, souvent, maltraités. A ces obstacles, les jeunes filles cumulent des difficultés propres, comme l'exploitation sexuelle et le non-accès à l'école.

Des centres d'accueil pour les enfants en difficulté

C'est pour venir en aide à ces enfants que j'ai fondé, il y a plus de vingt ans, la Fondation Children of Africa, dont le but premier est d'offrir un meilleur cadre de vie aux enfants en difficulté. En créant, il y a une quinzaine d'années, la Case des Enfants à Abidjan, nous voulions précisément offrir aux jeunes orphelins ou abandonnés tous les avantages d'une petite structure familiale qui les accompagne sur la durée. En leur apportant nourriture, soins et éducation, l'objectif de la Case est de rendre leur dignité à ces enfants éprouvés par la vie dès leur plus jeune âge, en leur redonnant toutes les chances de pouvoir s'insérer à nouveau dans la société et de mener une vie décente. Depuis sa création, plus de 1 000 enfants ont pu bénéficier de ces services.

Le succès de la Case des Enfants a réaffirmé cette volonté d'offrir d'autres foyers à nos enfants en difficulté en Côte d'Ivoire, qu'il s'agisse des enfants victimes de traite et d'exploitation ou de ceux en conflit avec la loi et, de ce fait, en grand danger. C'est la raison pour laquelle Children of Africa s'est engagée à bâtir trois nouveaux centres d'accueil pour enfants en détresse. Le premier d'entre eux a été ouvert en juin 2018 dans la ville de Soubré, et j'ai eu le plaisir et l'honneur d'inaugurer le second au début du mois de décembre, dans la localité de Bouaké. Le troisième centre sera inauguré en avril 2020, dans la ville de Ferkéssédougou.

D'un montant de 1,2 milliard de francs CFA, réunis grâce à nos généreux donateurs, notre nouvelle structure de Soubré aura pour mission spécifique de réinsérer les jeunes mineurs en dérive.

L'accent sera mis à plusieurs niveaux : moral, tout d'abord, avec une prise en charge des enfants par des psychologues et assistants sociaux ; sanitaire, ensuite, avec une panoplie de soins ; scolaire, bien entendu, en remettant à niveau les enfants déscolarisés ; professionnel, enfin, avec une initiation à différents métiers comme la coiffure, la couture et l'artisanat. En tout, ce sont quelque 80 enfants âgés de 14 à 18 ans, filles et garçons réunis, qui pourront être accueillis dans ce nouveau centre et bénéficier des meilleures chances de réinsertion à leur sortie. Autant d'enfants qui pourront, à nouveau, regarder leur avenir avec confiance et sérénité.

Notre jeunesse a besoin de nous, et nous avons besoin d'elle

80 enfants, c'est peu, répliqueront sans doute certains. Rien n'est plus faux : en matière de protection de l'enfance, il n'y a pas de « petits » pas. Chaque enfant sauvé, c'est un futur adulte intégré, responsable et pleinement partie prenante de la société. Nous sommes tous concernés par ces enjeux, car c'est du sort que nous réservons à nos enfants que dépend notre capacité à être une nation prospère, unie et en paix.

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