Cameroun : La délicate question de l’indemnisation après le drame d’Eséka

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(Crédits : Reuters)
8 jours après la catastrophe ferroviaire qui a endeuillé le Cameroun, les rescapés et les familles des victimes attendent d'être indemnisés pour les frais médicaux ou les funérailles de leurs proches. Mais cette question délicate cache un besoin d'en savoir plus sur les causes de la catastrophe. Détails

Une semaine après le drame d'Eséka, une triple enquête s'attèle à déterminer les causes du déraillement du train numéro 152 entre Yaoundé et Douala, survenu ce vendredi noir du 21 octobre. En attendant d'en savoir plus sur les circonstances de l'accident ferroviaire qui a plongé le Cameroun dans la consternation, les quelques 500 rescapés bénéficient de l'«accomplissement » de la volonté présidentielle d'une prise en charge totale des frais d'hospitalisation. D'un autre côté, les familles des victimes attendent de pouvoir organiser les funérailles des 79 personnes qui ont perdu la vie dans la catastrophe. Une situation qui pose la question très sensible de l'indemnisation des victimes ou de leurs ayants-droits.

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Les premiers blessés n'ont pas encore reçu le remboursement des frais d'examen médicaux, de transport en ambulance médicalisée et des médicaments déboursés lors de leurs premières arrivées dans les hôpitaux. Mais désormais, comme l'avait promis le président camerounais, Paul Biya, le reste de frais est totalement réglé aux frais de l'Etat.

Le concessionnaire des chemins de fer Cameroon Railways (Camrail) a mis en place un système d'identification des victimes via le remplissage de fiches d'identification des sinistrés distribués dans les gares de Yaoundé, de Douala-Bessengue et d'Eséka où s'est produit le drame, selon des informations de la presse locale. Camrail, filiale du groupe Bolloré a aussi envoyé une équipe mobile pour le recensement des victimes.

Bolloré indemnise sans convaincre

Du côté des familles camerounaises endeuillées, le logisticien français Bolloré (propriétaire de Camrail) et son assureur verseront 1,5 million de FCFA par victime décédée si la famille présente un certificat de décès et une copie certifiée de la carte d'identité de la victime. Cette somme devrait permettre aux familles de pouvoir organiser les funérailles de leurs proches disparus

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 Cela suffira-t-il à apaiser la colère contre la firme française ? Pas si sûr puisque le groupe Bolloré n'est plus en odeur de sainteté dans le pays. Le groupe français qui a décroché la concession des chemins de fer en 1999 est accusé d'un goût prononcé pour le lucre au détriment des règles de prudence et de sécurité. Un mépris des règles qui aurait conduit à la surcharge du train, une des causes possibles de son déraillement. Face à cette flopée de critiques, le groupe français avait joué la carte de l'erreur humaine en indiquant que le train roulait deux fois plus vite que sa vitesse autorisée, recentrant les accusations sur le conducteur.

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 Au lendemain de la catastrophe, en dehors de l'enquête interne ouverte par le groupe Bolloré, la justice camerounaise s'est saisie de l'affaire et le président Paul Biya a mis en place par décret, une commission d'enquête. Toutes ses enquêtes devront permettre d'éclairer en tout ou en partie, les circonstances du drame. Des investigations qui ne diront pas pourquoi il n'existait pas au Cameroun, un dispositif d'urgence de gestion d'une catastrophe pareille qui a conduit a posé la question de l'indemnisation des victimes

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