La Turquie « déterminée » à transformer le blé russe à destination des marchés africains

Dans le cadre de l’accord céréalier de la mer Noire signé en juillet dernier entre la Turquie, l’Ukraine, la Russie et l’ONU, le président Recep Erdogan insiste sur la détermination de son pays de transformer le blé russe destiné aux pays d’Afrique.
(Crédits : Reuters)

« Poutine m'a dit : 'Je vous donne les céréales gratuitement et vous les livrez aux pays pauvres d'Afrique'. Et nous disons: 'D'accord. Nous obtiendrons gratuitement ces céréales de votre part. Nous allons les transformer en farine dans nos usines et les envoyer à ces pays pauvres d'Afrique. Nous sommes déterminés et nous ferons un effort pour envoyer ces produits vers les pays africains à partir de ce corridor céréalier », a déclaré le président turc Recep Erdogan, ce dimanche 8 janvier lors d'un événement à Antalya, rapporte la Radio Television Turque (TRT). Un sujet qui semble particulièrement intéresser le Chef de l'Etat qui en parlait encore à la veille de Noel devant des jeunes à Erzurum à l'Est du pays.

Lors d'un tête-à-tête en marge du Sommet du G20 en novembre dernier en effet, le président russe Vladimir Poutine a proposé à son homologue russe d'envoyer gratuitement des céréales russes vers la Turquie, qui seraient ensuite expédiés vers les pays d'Afrique connaissant une situation alimentaire difficile en raison de la guerre en Ukraine.

Médiateur pour la résolution du conflit qui oppose l'Ukraine à Russie, la Turquie a signé en juillet 2022 avec ces deux pays et les Nations Unies (ONU) un accord pour l'expédition des céréales à partir de trois ports ukrainiens de la mer Noire. Objectif : permettre aux pays privés de céréales ukrainiens depuis le déclenchement de la guerre en février 2023 d'être à nouveau approvisionnés. En novembre dernier, l'accord a été prolongé de 120 jours.

Le conflit russo-ukrainien est source de handicap pour les pays dépendant des céréales ukrainiens et russes, les deux pays étant des principaux fournisseurs au monde. Les grands consommateurs du Nord du continent dont l'Egypte et le Maroc s'étaient empressés de renforcer leurs stocks stratégiques. Mais les pays moins prêts à assumer ces défis immédiats, notamment à l'Est du continent avaient dû résoudre des équations complexes, bénéficiant alors de divers appuis dont celui de la Banque africaine de développement (BAD). Selon Erdogan, les pays priorisés dans le cadre de l'accord céréalier sont entre autres la Somalie, Djibouti, le Soudan ou encore le Mali.

Dans le cadre de l'accord céréalier de la Mer Noire, un centre de coordination conjoint aux pays et organisation signataires a été installé à Istanbul pour gérer les expéditions au départ de la Turquie vers les pays africains identifiés. Une première expédition de céréales a été annoncée en août dernier, tandis que l'Ukraine aurait consenti en novembre d'exporter 125 000 tonnes de céréales vers quatre pays en développement dont trois en Afrique à savoir le Nigeria, le Soudan et le Kenya.

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Commentaires 3
à écrit le 12/01/2023 à 16:26
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La Turquie continue à jouer un rôle très positif dans ce conflit. Biensûr Erdogan essayera d'en tirer un profit personnel aussi mais peu importe. Le résultat est bien pour tout le monde.

à écrit le 12/01/2023 à 16:26
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La Turquie continue à jouer un rôle très positif dans ce conflit. Biensûr Erdogan essayera d'en tirer un profit personnel aussi mais peu importe. Le résultat est bien pour tout le monde.

à écrit le 10/01/2023 à 13:11
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Il se passe quand même des choses appréciables dans ce bas monde. Et c'est encore une fois est une preuve qu'il n'y a pas d'un côté les bons et de l'autre les mauvais.

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