Ylias Akbaraly, un convaincu de la coopération Sud-Sud

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Ylias Akbaraly, franco-malgache de 57 ans, est l'architecte de la multi-sectorisation de Sipromad, fondée en 1972 par son père.
Ylias Akbaraly, franco-malgache de 57 ans, est l'architecte de la multi-sectorisation de Sipromad, fondée en 1972 par son père. (Crédits : DR)
Première fortune de Madagascar et quatrième d'Afrique francophone, Ylias Akbaraly, est un businessman accompli dont l'ambition pour le continent se conjugue au présent.

Sur la carte du monde, Ylias Akbaraly dessine régulièrement un triangle entre Madagascar, l'Europe et les Etats-Unis -ses lieux de vie-, dont la forme change souvent au gré de son agenda. Un rythme que lui imposent ses fonctions de PDG du groupe Sipromad, un conglomérat de 25 sociétés opérant dans divers secteurs allant du commerce aux produits pharmaceutiques en passant par l'industrie, les nouvelles technologies, la télévision numérique, le tourisme, la finance, l'aviation, l'énergie, l'agrobusiness ou encore l'immobilier.

Exit les portes !

Ylias Akbaraly, franco-malgache de 57 ans, est l'architecte de cette multi-sectorisation de Sipromad. Fondée en 1972 par son père, un homme d'affaires issu d'une famille d'immigrés indiens, la société est à la base dédiée aux produits d'entretien. Sous les commandes de l'héritier dès 1992, l'entreprise se métamorphosera rapidement sous l'inspiration des techniques managériales apprises sur les bancs de l'université de Berkely à San Francisco. Persévérant, patient, optimiste et passionné, le businessman, en bon visionnaire, est également un fin stratège. D'ailleurs, dans son offensive pour hisser Sipromad au sommet, il a, au-delà de la diversification de l'activité, mis l'accent sur la gestion des ressources humaines. Parmi ses règles phares : la politique de la porte ouverte ou, pour le cas d'espèce, un bureau sans porte pour le Président.

« Cette gestion libérale, ouverte et fluide confère à mon équipe une liberté d'expression, de débat, de créativité et entrepreneuriat et nous permet également d'avancer et de prendre des décisions rapidement », explique-t-il à La Tribune Afrique.

Une « philosophie » qui, associée aux techniques de leadership, gestion des conflits, communication en entreprise, négociation et stratégie, est jusqu'ici le moteur de l'excellence du groupe. Aujourd'hui, Sipromad affiche un chiffre d'affaires annuel de 180 millions d'euros et plus de 3.000 emplois directs et indirects à Madagascar. A Antananarivo, ce perfectionniste -qui s'assume- a, en outre, réussi à construire le premier gratte-ciel de la Grande île et la tour la plus haute de l'océan indien. Baptisée « Tour orange », l'édifice de 30 étages abrite, depuis, le siège de Sipromad et de nombreuses filiales de firmes étrangères. « C'est une fierté pour Madagascar et pour le Groupe Sipromad », se réjouit-il.

« Tout est possible »

Depuis trois ans, Ylias Akbaraly et son équipe travaillent à l'expansion de Sipromad. Le groupe prépare actuellement l'ouverture d'un bureau à Paris et cinq nouvelles implantations en Afrique où il détient déjà trois bureaux à Maurice, aux Seychelles et au Maroc. Des opérations dans le domaine de la télévision numérique et dans les énergies renouvelables sont déjà réalisées au Ghana et au Zimbabwe et sont en cours au Gabon. Outre le Cameroun qui figure dans l'agenda du conglomérat malgache en Afrique centrale, l'Afrique de l'Ouest est de loin la zone privilégiée. Quatre pays au total : la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Niger et la Sierra Leone. Et même si l'entrée sur de nouveaux marchés régionaux est généralement semée d'obstacles tels « l'insuffisance de données et d'informations fiables ainsi que l'opacité des règles du jeu équitables », le leitmotiv du groupe malgache lui procure suffisamment de ténacité pour aller jusqu'au bout. « Nous sommes convaincus que le développement de l'Afrique se fera par une coopération Sud-Sud efficace et efficiente », assure son patron qui ne cesse d'étoffer son partnership régional.

Cette coopération Sud-Sud, Ylias Akbaraly s'en fait désormais l'un des porte-voix. Première fortune de Madagascar et quatrième d'Afrique francophone, l'homme d'affaires retient de son parcours que « tout est possible » dans la vie. Et d'ajouter :

« Tout peut être construit avec de la rigueur, de la persévérance, de la stratégie, de la patience et une bonne équipe. Ces éléments conduisent à de grandes réalisations ».

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