Diamant  : l'ouverture conditionnée du Zimbabwe à la participation majoritaire des étrangers dans ses mines

 |   |  470  mots
Au Zimbabwe, la filière diamantifère table désormais sur un volume de production de 12 millions de carats d'ici à 2023.
Au Zimbabwe, la filière diamantifère table désormais sur un volume de production de 12 millions de carats d'ici à 2023. (Crédits : Reuters)
Depuis près de trois ans, les investisseurs étrangers au Zimbabwe n’avaient plus le droit de détenir plus de 49% des mines de diamant. Le gouvernement vient de voter une loi ouverte à lever cette contrainte, …sous conditions. Les détails.

C'est le sujet qui domine l'actualité économique zimbabwéenne cette semaine, tellement l'industrie diamantifère est importante dans ce pays d'Afrique australe. Le gouvernement s'ouvrirait à la participation majoritaire des opérateurs étrangers dans les mines de diamant, à condition que ces deniers s'engagent à respecter quelques exigences.

Nettoyage, tri et évaluation par les experts locaux,...

C'est l'un des points saillants de la nouvelle loi approuvée par le gouvernement mardi dernier. Selon le texte, seules quatre entités zimbabwéennes -dont deux nouvelles entités bientôt révélées- sont autorisées par l'Etat à extraire les diamants. A ce titre, les compagnies étrangères intéressées à investir dans la filière devront s'associer à l'une de ces quatre entités agréées pour créer des coentreprises.

Selon le ministre zimbabwéen des Mines, Winston Chitando, le gouvernement n'accordera l'autorisation qu'à ces quatre entités afin de garantir «une comptabilité globale efficace sur le traitement et la vente de diamants dans le secteur minier» et un «contrôle efficace de ce qui se passe sur le terrain».

Pour rappel, le Zimbabwe avait tablé depuis 2015 sur une participation obligatoire de 51% des sociétés locales dans toutes les coentreprises minières diamantifères. Cela avait abouti à la création en 2016 de la compagnie publique Zimbabwe Mining Development Company (ZMDC) pour contrôler le secteur. La mesure avait poussé vers la sortie le géant Rio Tinto, ainsi que des firmes chinoises.

«Le gouvernement peut renoncer à ce seuil de propriété locale sous réserve de la soumission de propositions satisfaisantes et de la diligence raisonnable voulant que tous les diamants bruts produits par toutes les activités d'extraction de diamants soient soumis au Diamond Value Management Centre qui sera établi par le ZCDC [Zimbabwe Consolidated Diamond Company, NDLR] pour nettoyage, tri et évaluation», a déclaré à la presse le ministre de l'Information, Mangaliso Ndlovu, ajoutant selon "Bloomberg" que ces entreprises devront également "réserver 10% de leurs joyaux à la valeur ajoutée locale".

De quoi encourager les investisseurs ?

En pleine reconstruction économique pour notamment retrouver ses 12% de croissance du début des années 2010 contre seulement 3,4% en 2017, le Zimbabwe entend depuis tirer au mieux parti de l'une de ses principales ressources minières. Après avoir rehaussé ses objectifs de production pour 2018 de 65% à 3,5 millions de carats en 2018, le pays vise 12 millions de carats d'ici 2023. Et ce dernier en a tout le potentiel, puisque les réserves du pays représenteraient près de 25% des réserves mondiales de diamants extractibles.

Une ouverture de l'Etat à la participation majoritaire des opérateurs étrangers dans les mines de diamants peut susciter l'intérêt de plusieurs opérateurs. Et certainement, des cellules de réflexion sont déjà lancées au sein des géants mondiaux pour étudier les contours des nouvelles conditions de Harare.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :