« Le Ghana doit jouer un rôle clé dans la construction du nouveau partenariat entre l'Afrique et l'Europe »

Le prochain sommet UE-UA se tiendra lieu à Bruxelles en février. Il devrait marquer un tournant dans les relations entre les deux continents. Dans ce contexte et alors que les relations Afrique-Europe seront l'une des priorités de la présidence française de l'Union européenne (PFUE), l'allocution du Président du Ghana au Parlement européen de Strasbourg est réelle opportunité pour renforcer les relations entre les deux continents. Le Ghana a un rôle clé à jouer afin de faciliter le dialogue et changer le paradigme de ce partenariat entre l'Afrique et l'Union européenne.

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(Crédits : DR.)

L'Union européenne est le premier partenaire du continent africain en termes de commerce, d'investissement, de coopération au développement, d'aide humanitaire et de sécurité. Toutefois, l'Europe doit aller beaucoup plus loin dans engagement avec l'Afrique. D'autre part, les pays africains ont également un rôle à jouer en étant responsables et en montrant qu'ils peuvent être des partenaires stratégiques.

Des réformes nationales pour rétablir la confiance avec les acteurs européens

Le Ghana devrait être retiré de la liste de l'Union européenne des pays tiers présentant des carences stratégiques dans leurs régimes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Le pays a été placé sur la liste en 2019, mais a depuis fait des efforts importants, notamment en adoptant la loi anti-blanchiment de 2020 (loi 1044).

Cela change tout dans les relations bilatérales ! Le Ghana se positionne à nouveau comme l'un des principaux pays africains dans lesquels les partenaires et acteurs européens peuvent avoir confiance. La sortie du Ghana de la liste va faciliter les flux financiers en provenance et à destination des pays européens, puisqu'il n'est plus soumis à un contrôle accru systématique.

En effet, ces réformes importantes ont considérablement renforcé les relations bilatérales avec l'Union européenne et permettent au Ghana de continuer à jouer un rôle clé dans le partenariat stratégique et renouvelé entre l'Afrique et l'Europe.

La transition verte

L'Union européenne a récemment annoncé qu'elle débloquerait 25 millions d'euros pour soutenir et renforcer le programme de durabilité économique, sociale et environnementale de la production de cacao, le Ghana étant le deuxième producteur mondial de cacao et le premier pour la production de fèves de qualité supérieure.

La nécessité de montrer l'exemple au niveau sous-régional et continental

Le Ghana doit et va tirer parti de sa réputation de nation pacifique et de ses références en matière de bonne gouvernance pour incarner le rôle d'interlocuteur privilégié de l'Union européenne tout en travaillant avec les membres de la sous-région ouest-africaine afin de forger des coopérations significatives. Le Ghana assure actuellement la présidence de l'Autorité des chefs d'État et de gouvernement de la CEDEAO et encourage les institutions qui soutiennent la démocratie au sein de la CEDEAO à respecter l'État de droit. À partir de janvier 2022, le Ghana deviendra un membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, un rôle qu'il jouera avec fierté pendant cette période difficile de pandémie mondiale.

La confiance que l'Union africaine a accordé au Ghana en installant le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) à Accra ne doit pas être négligée. Le Ghana demande donc à la Commission européenne de soutenir les ambitions de l'Afrique pour cette zone de libre-échange continentale, car son potentiel pour favoriser le commerce intra-africain et l'intégration régionale est énorme. Ce soutien souhaité permettra au continent d'accéder aux marchés mondiaux et de construire des économies résilientes au profit des populations africaines.

L'Afrique doit fabriquer ses propres vaccins

La Commission européenne et la Banque Européenne d'Investissement (BEI) soutiennent la production de vaccins au Ghana. En déployant des structures pour les produire, le pays complétera les efforts mondiaux visant à éradiquer la pandémie.

Il est désormais évident que les pays africains ne peuvent pas être dépendants du monde pour les vaccins et qu'ils ont la responsabilité de développer leur propre capacité de production.

Le prochain Sommet UE-UA devrait donc permettre aux deux continents de définir leurs priorités communes et la vision africaine doit trouver sa place dans ce processus. Au-delà de l'opportunité de rappeler au monde l'importance de la fabrication de vaccins en Afrique et de l'intégration économique du continent, ce Sommet mettre en lumière l'importance du multilatéralisme ainsi que notre action collective en matière de lutte contre l'insécurité au Sahel. Le Ghana entend bien jouer ce rôle de partenaire stratégique africain de premier plan.

(*) S.E. Mme Sena Siaw-Boateng, Ambassadrice du Ghana auprès du Royaume de Belgique, du Grand-Duché de Luxembourg et Chef de mission auprès de l'Union européenne.

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