La réponse aux menaces sécuritaires, condition du développement des Etats d’Afrique de l’Ouest

L'ouverture récente d'une Académie internationale de lutte contre le terrorisme en Côte d'Ivoire illustre une dynamique des plus encourageantes : la volonté des Etats africains de répondre efficacement et collectivement aux risques sécuritaires auxquels ils font face. A leurs côtés, des acteurs internationaux publics comme privés, désireux d'accompagner les autorités locales dans l'établissement et le renforcement de leurs politiques de sécurité.
(Crédits : DR.)

Les menaces sécuritaires auxquelles font face les nations africaines - trafics, cyberattaques, terrorisme ou encore risques sanitaires - sont diverses, interconnectées, globalisées et simultanées. Selon une étude de l'ONU, le coût économique du terrorisme en Afrique est évalué à au moins 119 milliards de dollars pour la période allant de 2007 à 2016, de la même manière que le manque d'infrastructures dont pâtissent de nombreux pays du continent laissait présager un impact désastreux de la crise de la Covid-19.

Face à ces risques nouveaux ou grandissants, des acteurs extérieurs au continent, à l'image de l'Etat français, accompagnent certaines nations. La coopération de sécurité et de défense (DCSD), composante de l'action diplomatique de la France, est par exemple partenaire de l'Académie de lutte contre le terrorisme inaugurée récemment à Jacqueville en Côte d'Ivoire, qui vise à créer une communauté et une culture du contreterrorisme en Afrique. L'Etat français ainsi que notre filiale TRACIP, accompagnent aussi l'ENVR de Dakar, nouvelle école consacrée à la formation des cadres africains aux enjeux de cybersécurité, et ainsi au renforcement des capacités des pays du continent dans la réponse aux menaces cyber - de la protection des réseaux aux cyber-attaques, en passant par la lutte contre la cybercriminalité et le terrorisme.

En dehors des acteurs gouvernementaux, de plus en plus de groupes privés, à l'image de Deveryware, mettent des technologies de pointe au service des autorités des pays d'Afrique de l'Ouest. Convaincus que les enjeux de sécurité et de défense doivent être adressés à travers une réponse globale, le secteur privé doit proposer des services aussi innovants qu'efficaces, et contribuer par là même à globaliser la lutte contre les menaces sécuritaires de notre siècle, tout en respectant l'indépendance de chaque Etat.

Ainsi, des outils tels que la géolocalisation en temps réel répondent par exemple aux besoins des polices, gendarmeries et douanes de la sous-région. Ces institutions ont la possibilité, grâce à ces avancées, de localiser leurs cibles en temps réel, ou de piloter en mobilité des dispositifs de filature et d'intervention. Une réponse efficace aux risques imposés par le terrorisme, de même que les laboratoires d'analyse ADN mobiles permettent l'identification formelle et rapide des victimes de catastrophes. Enfin, au niveau du risque sanitaire, des technologies inédites permettent par exemple des résultats de tests PCR en 4 heures, et peuvent contribuer à hisser des institutions africaines - telles que les aéroports - aux standards internationaux.

Les solutions proposées par les acteurs privés implantés sur le continent permettent aussi un gain de souveraineté, dont peuvent jouir les Etats ou organisations qui se les procurent. En effet, les services et technologies de pointe nécessaires au bon déroulement des analyses constitutives des enquêtes n'ont plus, grâce à ces solutions, besoin d'être sollicités et réalisés à l'étranger. Grâce aux dispositifs mobiles mis au point par les prestataires privés, toutes les actions nécessaires au bon déroulement d'une investigation peuvent être réalisées sur place, en Afrique, selon les règles de confidentialité de chaque État ou organisation qui en use.

L'importance des menaces auxquelles fait face le continent rend urgente l'affirmation d'un principe de continuité entre l'embellie économique et la sécurité intérieure et extérieure des nations africaines. Ainsi, pour protéger la croissance économique qu'ils connaissent depuis quelques années, les Etats d'Afrique de l'Ouest se doivent d'établir, en matière de sécurité, des politiques fortes et visionnaires, à travers par exemple des lois de programmation militaire ou des livres blancs - qui permettent de pérenniser le renouvellement et l'entretien des équipements. Ces nations doivent donc investir dans des solutions et services innovants, capables d'assurer la protection de leurs écosystèmes sociaux et économiques, condition sine qua none du développement.

(*) Jacques Salognon est président fondateur du groupe Deveryware

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