Education, entrepreneuriat, énergie... Investir dans les 3E en Afrique

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(Crédits : DR.)
Plus que jamais, l'Afrique a besoin d'investissements et dans trois secteurs en particulier. Comment l'éducation, l'entrepreneuriat et l'énergie peuvent-ils changer la face de ce continent qui a besoin d'une petite étincelle afin d'exploiter pleinement son potentiel ?

A l'horizon 2050, la jeune population mondiale sera composée à 35 % d'Africains, contre 15 % seulement en 2000. Pour l'heure, 30 % de la population africaine a moins de 14 ans et la tendance est tournée vers une éducation de qualité et dématérialisée, surtout si elle porte le sceau d'un investissement étranger.

Selon les statistiques, l'Afrique compterait environ 260 millions d'élèves répartis dans 1,5 million d'écoles et environ 27 millions d'étudiants sur une population de 600 millions de personnes âgées de moins de 25 ans. Pour ces scolaires et étudiants, les gouvernements africains consacrent environ 5 % de leur PIB, soit le deuxième investissement de ce type plus élevé au monde.

Malgré tout, l'Afrique Subsaharienne, qui manque d'un million de professeurs, compterait 61,4% de jeunes travailleurs qui n'ont pas le niveau d'instruction nécessaire pour être productifs une fois sur le marché du travail. De plus, à l'heure où l'on nous dit que 27 % des enfants africains ne sont pas scolarisés (hors RDC, Côte d'Ivoire, Madagascar et Kenya), l'Afrique doit également se préparer à scolariser 170 millions supplémentaires d'ici à 2030.

Cette jeune population a de l'ambition. En la soutenant financièrement, au fil du temps, les investisseurs seront à l'origine d'une croissance capable de surpasser celle des États-Unis ou même de la Chine ! Mieux encore, en encourageant activement l'employabilité, les formations courtes liées aux métiers de demain pour rendre employable rapidement des personnes, ils l'aideront, peut-être, à déraciner durablement les conflits qui gangrènent actuellement ce continent au potentiel incroyable.

Il est grand temps pour les investisseurs de se tourner vers leur propre avenir, qui se trouve en Afrique. Les financements manquants permettront enfin aux gouvernements africains d'assouplir les règlementations, de raccourcir les délais de traitement, de former les enseignants pour ne citer que ces besoins.

Investir dans l'entrepreneuriat en Afrique : il faut favoriser la création d'entreprises, TPE et PME !

Afin de débloquer la croissance de l'emploi en Afrique, il faut également nous intéresser de près et financièrement à son secteur entrepreneurial. Aujourd'hui, le constat est plutôt amer : fuite des jeunes diplômés, nombreux obstacles à l'entrepreneuriat, notamment culturels et politiques, réticence des banques à prêter aux entrepreneurs, trop frileuses pour faire confiance aux locaux, un marché des capitaux inadapté aux petits projets, un environnement réglementaire défavorable et des infrastructures qui nécessitent d'être revues, lourdeurs administratives... L'Afrique affiche le taux le plus bas au monde lorsqu'on en vient à la création d'entreprises.

Malgré tout, les entrepreneurs africains se lancent dans la création d'entreprises, tentent le tout pour le tout afin de concrétiser leurs ambitions. En témoignent les 701,5 millions de dollars levés par les startups du continent en 2020, alors que le marché est naissant.

L'Afrique doit devenir un continent d'entrepreneur et pour cela, il faut combler le déficit de financement des startups et des PME qui s'élève actuellement à 140 milliards de dollars. Cet argent servira, en amont, à améliorer la gestion des ressources humaines et créer un meilleur équilibre avec le marché informel, premier employeur africain actuellement.

Investir dans l'énergie en Afrique :le renouvelable, une nouvelle manne pour les investisseurs

Nous sommes à la veille d'une transition démographique ! Pour accueillir les migrants provenant du monde rural, les villes africaines doivent revoir leurs infrastructures et pourquoi pas, à moyen ou long terme, se transformer en smart cities pour certaines (un marché évalué à près de 1,4 milliard de dollars à lui seul).

Toutefois, comment le continent peut-il préparer son propre avenir lorsqu'on sait que les organes de régulation africains présentent de grandes lacunes ? Que le climat des affaires est peu favorable aux investissements à long terme ? Que la fiscalité peut changer du jour au lendemain ?Que les sites de production et le réseau de distribution électrique souffrent d'une très grande vétusté ? Les conséquences parlent d'eux-mêmes : 57% d'Africains ne possèdent pas encore un accès à l'électricité ! Plus grave encore, la population africaine va doubler d'ici 2050.

Aujourd'hui plus que jamais, les financements étrangers peuvent aider les pouvoirs publics à changer la donne. Grâce aux investissements provenant de sources extérieures, l'Afrique sera à même de mettre en place des processus d'attribution des marchés plus organisés, sains et clairs. Elle pourra enfin structurer la production, le transport et la distribution des énergies en fonction des régions et de leurs besoins.

Education, entrepreneuriat, énergie, il s'agit là de trois secteurs porteurs en Afrique pour les étrangers désireux d'investir dans l'évolution de ce continent extraordinaire, au potentiel trop longtemps sous-estimé, mais dont la croissance économique frôle les 10 %, selon les chiffres de la Banque mondiale !


(*) Nicolas Goldstein, administrateur de la FrenchTech Maurice, et co-fondateur de Talenteum.Africa.

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