Entreprises citoyennes, rassemblons-nous ! [Tribune]

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(Crédits : Cyrille George Jerusalmi)
Entreprises citoyennes, entreprise consciente, entreprises d'utilité publique, entreprises à mission... La liste des nouveaux noms est interminable pour désigner le mouvement international qui rassemble tous ceux qui font du business différemment. Car, si le phénomène est désormais massif, il semble urgent de faire le tri entre les modèles à suivre. Comment mesurer le succès ou l'échec des transformations engagées ? Comment modéliser les exemples à suivre pour que ce mouvement grandissant des entreprises citoyennes -celles qui s'engagent pour maximiser également leur impact positif et non plus leurs seuls profits- puisse être plus vaste et plus vertueux. Comment ? Les questions concernant les moyens sont nombreuses.

Les Etats généraux des entreprises et des entrepreneurs citoyens qui ont lieu à Essaouira les 30 juin et 1er juillet sont une manière propose un cadre de réflexion et d'action. Une centaine de thinkers et doers se réunissent pour partager leurs réflexions, pour modéliser des projets de transformation qu'ils ont implémentés et observés. Ils viennent du monde entier pour rédiger la Déclaration d'Essaouira qui sera présentée au G20 et au Sommet de l'Union africaine. Ce rapport a vocation à inspirer et à proposer des solutions et sera réédité chaque année pour suivre les meilleures pratiques et les dirigeants les plus engagés sur leur manière de conduire leur business, pour que les profits et l'impact social, environnemental soient maximums.

Quelques principes se dégagent des discussions que nous avons eues pour préparer ce rapport et les interventions des participants : nous nous rejoignons sur le fait que les dirigeants qui réussissent le mieux à engager leurs entreprises dans cette démarche sont ceux qui sont convaincus que donner du sens, trouver une vocation sociale ou environnementale est la seule manière de générer du profit durablement. Nous sommes loin des démarches RSE ou philanthropiques. Jacques Attali, lors d'une de nos conversations, a appelé cela «l'égoïsme altruiste». Sans cynisme, avec pragmatisme cela signifie que l'entreprise citoyenne renverse le système de pensée classique. Désormais, la convergence des intérêts individuels n'est plus le premier levier de croissance durable. C'est la convergence des intérêts collectifs, la prospérité de son écosystème qui permettra la croissance «individuelle».

En Afrique, un grand groupe, l'OCP se place aux avant-postes de ce mouvement et fait de ce principe, la clé de son développement. L'entreprise met en œuvre des programmes en interne, mais également avec les parties prenantes de son écosystème et au-delà qui sont considérées comme des partenaires. À titre d'exemple, un programme, Act For Community, a été développé pour que les collaborateurs volontaires mettent, pendant 4 semaines payées par an, leurs savoirs, leurs expériences à la disposition de la communauté. Chacune de leurs actions crée un nouvel espace de solidarité et de partage propice à l'émergence de ponts humains durables entre l'ensemble des collaborateurs et leurs environnements. L'idée, in fine, c'est qu'à travers son projet, le collaborateur imprime ainsi une marque durable à la vie des communautés et contribue à revaloriser les liens historiques qui lient le groupe à son écosystème.C'est également la démarche de Whole Foods qui a développé le Community Giving Days, jours pendant lesquels 5% des profits des ventes sont distribués pour financer des projets entrepreneuriaux locaux.

Il y a un autre principe fort. «Il y a en ce moment quelque chose qui nous dépasse tous, de beaucoup plus grand et de très urgent», précise André Azoulay, conseiller de Sa Majesté le Roi du Maroc, fondateur de l'Association Essaouira-Mogador qui accueille l'événement. «Il faut des acteurs du changement courageux et qui ont besoin de travailler ensemble pour réussir. Les entreprises, les entrepreneurs peuvent contribuer à changer la donne ». Dans cette veine,les modérateurs de nos ateliers notent que les désordres causés par le développement des inégalités sociales, les destructions environnementales obligent les entreprises à repenser leurs modèles. L'éducation des générations futures conditionne le business, explique Claude Grunitzky, entrepreneur américaino-togolais, «avec ma structure True Africa, je dois d'abord insuffler aux jeunes un esprit, les former.C'est ce qu'on doit faire, à grande échelle en Afrique où le potentiel est fort».

Enfin, le sujet qui revient le plus fréquemment est le besoin universel de créer du sens.Cette transformation qui touche l'ensemble de la société ne peut être le travail d'un seul acteur. C'est le rassemblement des idées, la coopération, l'engagement collectif qui permettra d'accélérer l'impact des entreprises citoyennes. Le sujet aujourd'hui est de rassembler. La mise en réseau, la mise en commun pour une mise à l'échelle, une mise en mouvement plus forte des entreprises citoyennes.

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Commentaires
a écrit le 29/06/2018 à 20:37 :
Citoyen? Mais de quel pays? Tout les pays perdent leur identité pour se fondre dans un magma informe! Le cosmopolitisme est de rigueur, le fric est leur seule patrie!

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