Un avenir brillant pour le solaire africain [Tribune]

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(Crédits : DR)
En mars dernier, une dizaine de chefs d'Etats africains ont participé au premier Sommet de l'Alliance Solaire Internationale. Cette présence remarquable reflète le fort potentiel de développement de l'énergie solaire en Afrique. Avec près de 645 millions d'africains ne disposant pas d'un accès direct à l'électricité[1] et une irradiation solaire deux fois plus importante que la majorité des pays européens[2], le continent africain constitue un marché potentiel immense pour la filière photovoltaïque. L'arrivée de nombreux investisseurs internationaux et l'émergence des projets de centrales photovoltaïques constitue une aubaine pour les pays africains.

La course aux projets solaires est lancée : « Energie pour tous en Afrique », « New Deal » pour l'énergie en Afrique, « Scaling solar », « Power Africa » ; les plans et initiatives pour améliorer le taux d'électrification du continent se multiplient. Face aux enjeux économiques et environnementaux réels de la production d'énergie électrique, nombreux sont les gouvernements africains qui ont fait de l'accès à l'électricité l'une de leurs priorités.

Des centrales solaires à la pointe

Fin 2015, l'Afrique disposait de 2 100 MW d'installations solaires photovoltaïques installées. Depuis, le continent a presque quadruplé la puissance installée de son parc photovoltaïque, même si ce dernier reste encore modeste au regard du potentiel africain. Les projets se développent avec une rapidité spectaculaire, et si cette dynamique se poursuit, l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) prévoit que d'ici à 2030, le solaire pourrait représenter 14% de la puissance installée en Afrique.

La révolution solaire est donc en marche dans de nombreux pays du continent, qui accueillent désormais les plus grandes centrales solaires, à l'instar du Maroc qui a inauguré « Noor », la septième centrale solaire thermodynamique la plus grande du monde en février 2016. Avec plus d'un demi-million de panneaux solaires répartis sur plus de 480 hectares, ce mastodonte de l'énergie renouvelable devrait pouvoir couvrir les besoins en énergie de plus d'un million de foyers marocains d'ici cinq ans.

Seulement huit mois plus tard, en octobre 2016, le Sénégal inaugurait « Senergy 2 », la plus grande centrale solaire d'Afrique de l'Ouest avec 75 000 panneaux photovoltaïques et une puissance de 20 mégawatts (MW), permettant de couvrir les besoins de 200 000 foyers sénégalais.

Dernière en date, la centrale de Zagtouli au Burkina Faso, dotée d'une capacité de production maximale de 33 mégawatts (MW) est devenue à son tour la plus grande ferme solaire d'Afrique de l'ouest.

Des appuis financiers nécessaires

Ce développement du solaire en Afrique est rendu possible grâce l'appui de nombreux investisseurs privés en coopération avec des acteurs publics sans lesquels, les investissements seraient beaucoup trop lourds à supporter pour des sociétés publiques aux financements souvent fragiles.

L'Alliance solaire s'est par exemple fixée pour objectif de mobiliser 1 000 milliards de dollars pour développer 1 térawatt (TW) d'énergie solaire d'ici à 2030. Une somme colossale que les États ne pourront pas mobiliser seuls.

En ces sens, les initiatives lancées par les organisations internationales (ONU, UEMOA, etc.) ainsi que les groupes financiers (Proparco, Banque Mondiale, etc.) permettent aux gouvernements africains d'obtenir un appui technique et financier considérable pour l'émission d'appels d'offres. L'industriel français Engie et l'investisseur Meridiam viennent par exemple de remporter deux projets d'énergie solaire photovoltaïque au Sénégal grâce à l'initiative Scaling Solar menée par le gouvernement sénégalais et la Société financière internationale (IFC).

L'Afrique dispose avec le soleil d'une ressource naturelle inestimable. Grâce à une technologie maîtrisée, à la réduction des coûts de l'équipement solaire, et aux délais de construction plutôt courts, le solaire se déploie rapidement et permet de produire de l'électricité à des coûts bien inférieurs à ceux des vieilles centrales thermiques. Énergie propre et énergie d'avenir, le développement du photovoltaïque va donc permettre aux gouvernements africains ainsi qu'aux industriels d'assurer leur transition énergétique et de se conformer aux objectifs de la COP21.

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*A propos de l'auteur

Michael Reza Pacha est un homme d'affaires franco-iranien spécialisé dans les énergies renouvelables. Il est Président Directeur général du groupe Enrroxs Energy & Mining, spécialisé dans les services de maintenance et d'entretien aux exploitations pétrolières. En 2017, il tente le pari du solaire intelligent en lançant la société Smart Solar System Solutions - 4S, qui propose au secteur minier africain de repenser son modèle énergétique. 4S a notamment mis en place un système clé en main le MFSS ou Mining Fuel Saver Solution ou Solution d'Exploration de l'économiseur carburant.

Michael Reza Pacha est également le fondateur et président de Jurisconsult International, une institution spécialisée dans la Gestion et la stratégie patrimoniale, basée à Dubaï.

[1] « New Deal » pour l'énergie en Afrique, P.3

[2] Données du Joint Research Center de la Commission européenne, Renewable energies in Africa.

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