« Africa Convergence Dakar » : construire des villes africaines de demain

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(Crédits : LTA)
Avec la démographie galopante, couplée à la raréfaction des ressources, les villes intelligentes constituent l'une des pistes pour surmonter ces défis. Seulement, la construction de ces villes appelle une convergence d’expertises et de savoir-faire de leur conception à leur renouvellement en passant par leur réalisation et leur suivi. Autour de Dominique Pialot de La Tribune, Zouéra Issouffou, de la présidente de la Fondation Dangote, Jean-Michel Huet, associé chez Bearing Point, Patrice Fonlladosa, CEO de Veolia Afrique, François Pitti, Directeur de la prospective chez Bouygues construction et Hassan El Houry, CEO, National Aviation Services (NAS) ont tenté de proposer des pistes de solution au cours du troisième panel d’Africa Convergence 2018.

Comment construire des villes résilientes et inscrites dans la durabilité et dans l'optimisation des ressources énergétiques ? Jean-Michel Huet a campé le sujet dans son keynote-speech, juste avant le troisième panel d'Africa Convergence 2018, l'édition dakaroise de la conférence annuelle de La Tribune Afrique. Dans son propos, l'associé chez Bearing Point est revenu sur les défis majeurs pour bâtir la ville de demain en Afrique: le financement -et son innovation- mais aussi la durabilité des villes intelligentes bâties.

Il faut dire que l'intitulé du deuxième panel a été posé de façon à aller directement au cœur de la problématique : « Optimiser l'énergie, imaginer la ville intelligente, construire et financer des infrastructures efficaces, le triple défi de l'exécution stratégique». Pour Zouéra Issoufou, qui est largement revenue sur les actions philanthropiques de la Fondation qu'elle dirige, « il faut construire des villes en partant de la problématique qu'il faut créer ces villes en pensant aux plus démunis, aux personnes défavorisées à qui il faut apporter de l'énergie, des services pour leur permettre de sortir de leur condition ».

Elle cite à ce titre, le projet de kits solaires lancés dans l'Etat de Borno au Nigéria pour permettre aux familles nigérianes de «pouvoir créer de la valeur». «Cette démarche, souligne-t-elle, s'inscrit dans ce que l'on appelle le 'venture-philanthropy", une nouvelle forme de financement d'organismes qui investissent ce qui devait être leur don directement dans des projets d'amélioration de vie».

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La problématique du financement est importante, mais secondaire pour Patrice Fonlladosa. «Il n'y a pas d'absence de financements car quand les projets sont bien ficelés, trouver le financement est moins difficile. Là où le bât blesse, c'est qu'une fois que les partenaires classiques comme les banques investissent, elles ont tendance à penser que leur rôle s'arrête-là. Or, il faut pointer le manque de suivi et de vérification de l'exécution du financement décaissé».

C'est là que François Pitti, Directeur de la prospective et Marketing stratégique, Bouygues construction, prolonge la réflexion. « Il est essentiel d'arriver à un nouveau rapport partenarial avec le client », fait-il savoir. Pour lui, le pilotage des projets visant à optimiser l'énergie dans des villes de type nouvelles devrait se faire dans le cadre d'une « imbrication des actions des différents acteurs concernés au niveau de l'énergie, de la construction des infrastructures pour les smart-cities». Cet écosystème, prolonge-t-il, devrait avoir une certaine «capacité à évoluer pour intégrer l'innovation». A titre de piste, son expérience dans le domaine de la construction lui a permis de relever qu'une nouvelle dynamique, «positive selon lui», a inversé les rôles : « ce n'est plus la cité qui dicte ses besoins aux usagers , aux smart-citizen mais l'usager qui lui dicte ».

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Pour le développement des smart-cities et la gestion des problématiques, Hassan El Houry est allé dans le sens écologie. Pour lui, il sera difficile de créer dès maintenant des aéroports green, mais il observe une certaine «tendance des aéroports à épurer leur environnement en tentant d'utiliser des systèmes nouveaux ou en réduisant leur consommation plus propre». Néanmoins, il voit le développement de l'aviation civile comme un accélérateur dans l'agrandissement et la construction de la ville que l'on souhaite pour l'Afrique notamment en termes de création d'emplois et de vivification de secteurs parfois embryonnaires.

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