Agri-business en Afrique : d'une graine deux coups  !

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(Crédits : LTA)
Face au retard accumulé, l'Afrique doit avancer à pas de géant pour assurer la sécurité alimentaire d'une population qui devrait doubler d'ici 2050. Le Continent est donc appelé à opérer une vraie révolution verte qui puisse donner à l'agriculture africaine les moyens de s'affranchir de sa dominante vivrière et de s'imposer comme un vrai secteur économique performant.

« Nourrir l'Afrique », tel est à la fois l'intitulé et l'ambitieux objectif d'un des programmes phares de la Banque africaine de développement (BAD). Un challenge pour le moins ambitieux pour un Continent qui devrait voir sa population doubler d'ici 2050 et qui peine encore aujourd'hui à assurer sa sécurité alimentaire.

Pourtant, l'Afrique ne manque pas d'atouts en la matière et peut même se prévaloir d'abriter près des deux tiers des terres arables inexploitées du monde. Un chiffre qui renseigne autant sur le potentiel que sur le retard accusé par l'agriculture africaine. Cette dernière a d'ailleurs jusqu'ici représenté le parent pauvre de la ventilation sectorielle des IDE (Investissements directs étrangers) à destination du Continent.

La donne semble enfin changer, même si c'est à un train de sénateur et surtout même si la faiblesse, voire l'absence d'un cadre réglementaire dédié et adéquat échaude encore bien des prétendants.

L'enjeu de la transformation

Plus encore et comme dans de nombreux autres secteurs, l'Afrique a tout le mal du monde à se hisser dans la chaîne de valeur de l'« agri-business ». Un pays comme la Côte d'Ivoire qui se place au premier rang des producteurs mondiaux de cacao a dû attendre l'année 2017 et une initiative basée sur l'agrégation de coopératives pour produire sa première barre de chocolat. Cet exemple est on ne peut plus édifiant quant à la quasi absence de transformation agricole sur le Continent, sauf à de bien rares exceptions.

Or aujourd'hui, c'est bien en ce domaine que l'Afrique peut avancer à pas de géant pour assurer sa sécurité alimentaire et s'inscrire dans un développement inclusif. Car faut-il le rappeler, le secteur agricole et son pendant agro-industriel représentent un fort potentiel de création d'emplois partout dans le monde et particulièrement en Afrique. A condition d'opérer une vraie révolution verte qui puisse donner à l'agriculture africaine les moyens de s'affranchir de sa dominante vivrière et s'imposer comme un vrai secteur économique performant.

Les leviers de la révolution verte

Pour réussir cette révolution verte, certains leviers restent incontournables. A commencer par la généralisation du recours aux engrais adaptés aux cultures locales. Là encore, c'est un domaine où le Continent, au contraire de beaucoup d'autres régions du globe, accuse un retard certain qui représente un risque important d'appauvrissement des terres cultivées et une sérieuse menace pour la sécurité alimentaire en Afrique. Et ce, même si la prise de conscience de l'importance des engrais gagne de plus en plus de terrain, faisant fleurir, ces dernières années, les centres de recherche et les usines de fertilisants sur tout le Continent tout en prenant en compte la donne du changement climatique.

Autre levier crucial pour la réussite de cette révolution verte projetée, la mise à profit des formidables possibilités technologiques pour résoudre certaines problématiques inhérentes à l'agriculture africaine. De nombreuses startups du Continent ne se sont pas fait prier pour s'engouffrer dans cette brèche, en s'attaquant soit au process agricole dans son ensemble, soit à un maillon précis dans la chaîne de valeur. Ces « agro-afro-startups », malgré leur énorme potentiel, ont toutefois besoin de moyens pour arriver à leurs fins et demeurent très peu soutenues, que ce soit par les Etats ou par les bailleurs de fonds privés. Résultat : ce levier est loin d'être exploité à sa mesure et grève les chances de réussite de cette révolution verte.

Pourtant, cette dernière est nécessaire, sinon cruciale à plus d'un titre. Elle représente en effet la seule garantie sérieuse pour la sécurité alimentaire du Continent et un formidable moteur pour une croissance inclusive de ses économies dans les prochaines années. Rien que cela !

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a écrit le 22/11/2017 à 13:16 :
Bonjour,

Je voudrais humblement rejeter cette déclaration dans l'article qui prétend que "Un pays comme la Côte d'Ivoire qui se place au premier rang des producteurs mondiaux de cacao a dû attendre l'année 2017 et une initiative basée sur l'agrégation de coopératives pour produire sa première barre de chocolat. Cet exemple est on ne peut plus édifiant quant à la quasi absence de transformation agricole sur le Continent, sauf à de bien rares exceptions.".
En écriture, ça fait beau, mais cela n'est pas du tout vrai dans les faits. Au moins une preuve, Instant Chocolat, une entreprise fondée par un jeune ivoirien a commencé la transformation du cacao en chocolat avant 2017. Vous pouvez découvrir son histoire dans cette vidéo réalisée en 2016 : http://agribusinesstv.info/fr/du-chocolat-100-ivoirien/

Merci.

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