Le Maroc , pionnier de la smart city en Afrique ?

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(Crédits : LTA)
Via sa capitale économique, le Maroc aspire à devenir une référence en termes de smart cities en Afrique. A ce titre, le Royaume chérifien lance des initiatives tout azimuts.

 Plus de la moitié de la population marocaine vit en ville à l'heure actuelle, cette part devrait passer à près de 70% en 2050[1].  A ce moment, Casablanca, plus grande ville du Maroc, comptera plus de 5 millions d'habitants.  Les enjeux sont donc de taille pour un développement urbain intelligent et pérenne dans le temps. Il s'agit de répondre aux défis posés par l'impressionnante croissance démographique, le développement urbain rapide et les ressources naturelles et financières limitées.

Le développement de Casablanca smart city doit permettre de répondre de manière durable à ces défis par une organisation intelligente de l'espace, l'optimisation fine des ressources et l'amélioration const  ante de la relation avec les citoyens via la collecte, la sauvegarde, la gestion et l'analyse des données fournies grâce à la transformation numérique déjà en marche.

La plus grande ville marocaine a d'ores et déjà un rôle de pilote au sein du Royaume vers la modernisation de l'espace urbain. Casablanca est depuis octobre 2015, la première ville africaine à faire partie du réseau de 25 villes intelligentes sélectionnées IEEE[2] (Institue of Electrical and Electronic Engineers), la plus importante association de professionnels du digital et des technologies de l'information au monde. Cette organisation appuiera Casablanca dans le développement de son concept de ville intelligente sociale et frugale.

La transformation en ville intelligente sous-tend l'élaboration d'un réseau d'informations au niveau de la ville, par la collecte des données des usagers via des capteurs, applications et autres outils digitaux.

Vers une Casablanca Smart City?

La ville de Casablanca a déjà amorcé l'instauration d'un tel réseau en inaugurant en janvier 2016 un système de vidéosurveillance urbain intelligent et optimisé comprenant 760 caméras de surveillance connectées par 220 km de fibre optique. Le développement de Casablanca smart city implique aussi que le citoyen soit mis au coeur de la réflexion autour du développement urbain. Enfin, son succès nécessite la mise en place d'une vraie gouvernance avec une vision claire du projet.

Au Maroc, plusieurs pilotes ont déjà eu lieu. Le succès de Casashore, dont la partie digitale est opérée par Inwi, est une belle démonstration. Autre exemple, en construction, Zenata porté par la CDG. Acteur de la smart city, le cluster e-madina[3] a été lancé en 2015 sur la base d'un groupe de réflexion. La mission d'e-Madina est de créer et développer un écosystème smart city pour faire émerger des initiatives de transformation de la ville en utilisant les technologies digitales. Le cluster accompagne et aide à financer les projets smart city pour la ville de Casablanca. E-madina fonctionne selon une organisation 4P (Public, Private, People Partnership) intégrant à la fois des représentants d'entreprises, d'organismes publics et de citoyens de Casablanca.

Cependant, la transformation de Casablanca en ville intelligente est freinée par l'absence d'une gouvernance clairement établie. Si le cluster e-madina accompagne et nourrit de nombreux projets, il n'a pas de rôle de décideur. La multiplicité des acteurs sans une gouvernance effective peut être un frein au développement de la smart city Casablanca.

 Open Data et Monétisation

Conscient de l'importance de l'open data dans la modernisation de son espace public et urbain, le Maroc a développé plusieurs initiatives de partage des données, renforçant le lien entre citoyens, associations, entreprises et acteurs publics. Des plateformes de données comme celle développée par la start up cityzenith permettent de compiler, traiter et visualiser ces données urbaines. L'entreprise a développé une plateforme de visualisation de la ville en 5D, ajoutant à la 3D classique la dimension du temps, et celle des données puisque la plateforme permet d'agréger des données sur la ville concernant l'environnement, la sécurité ou encore les infrastructures.

La monétisation des données est l'autre opportunité de taille pour les entreprises qui sauront les exploiter. Cette question va également amener le développement de nouveaux partenariats publics privés, les acteurs publics concentrant un grand nombre de données mais n'ayant pas nécessairement les moyens pour les exploiter sur le modèle de certaines « smart cities » européenne comme MK Smart City en Grande Bretagne, pionnière dans ce domaine avec la plateforme de monétisation Infonova. La donnée et sa monétisation sont donc des questions clés pour les smart cities africaines.

[1] Haut-Commissariat au Plan du Maroc

[2] http://smartcities.ieee.org/

[3] http://www.e-madina.org/ et -E-madina, e-Medina for Casablanca Smart City : vision and new concepts, Livre Blanc 2015, 2015

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