Ebola en RDC : risque de panique généralisée dans les pays voisins

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Le 8 mai, le ministre de la santé de la RDC informait l’OMS que, sur 5 échantillons prélevés sur 5 patients, 2 ont donné des résultats positifs pour la maladie virus d'Ebola à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa.
Le 8 mai, le ministre de la santé de la RDC informait l’OMS que, sur 5 échantillons prélevés sur 5 patients, 2 ont donné des résultats positifs pour la maladie virus d'Ebola à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa. (Crédits : DR.)
Au moins 4500 kilomètres et des pays séparent le Nigeria et la RDC. Mais les autorités nigérianes n’ont voulu prendre aucun risque depuis l’annonce de la réapparition de cas du virus Ebola dans le nord-ouest de la RDC. Depuis ce mercredi 9 mai, toute personne en provenance d’une ville RD-congolaise devra se soumettre au contrôle sanitaire. Une mesure qui s’accompagne d’une aide médicale du Nigeria, seul pays ouest-africain à disposer d’un laboratoire mobile destiné aux fièvres hémorragiques. Mais la précaution nigériane pourrait déclencher un risque de panique chez les voisins proches et peut être même ailleurs.

«Mieux vaut prévenir que guérir !». Les autorités nigérianes se sont approprié ce proverbe. Par une décision du Conseil des ministres de ce mercredi 9 mai 2018, le gouvernement a pris des mesures d'urgence depuis que la clameur médiatique signale une possible épidémie d'Ebola dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC).

Les Congolais et leurs voisins au «crible» à Abuja

«Le gouvernement fédéral a mis en place un programme d'urgence de surveillance de toutes les activités terrestres et aériennes aux frontières, pour assurer que les Nigérians soient en sécurité. Nous allons désormais passer au crible toutes les personnes arrivant de RDC et des pays voisins», fait savoir Isaac Adewole, ministre de la Santé.

Même si pas moins de 4 500 kilomètres et des pays frontaliers de la RDC séparent Abuja de Bikoro, foyer dans le nord-ouest de la RDC où deux cas avérés et dix-sept sans confirmation de personnes infectées par le virus Ebola ont été signalés. Mais la prudence du gouvernement nigérian est compréhensible. Le pays le plus peuplé d'Afrique (180 millions d'habitants) se souvient de la frayeur paralysante après la découverte en 2014, d'un cas d'infection au virus Ebola à Lagos (20 millions d'habitants) faisant craindre à  l'Organisation mondiale de la santé, une «épidémie urbaine apocalyptique». Après avoir enregistré 7 décès sur les 19 personnes infectées, le pays n'a pu être sauvé que grâce à la réponse rapide de son laboratoire mobile de traitement des fièvres hémorragiques, le seul d'Afrique de l'Ouest.

Le Centre National pour le contrôle des maladies (NCDC) du Nigeria a d'ores et déjà proposé son expertise en matière de gestion des épidémies à la RDC, en plus de son laboratoire spécialisé qui devrait se joindre au plan de riposte de l'OMS, de l'UNICEF, de la Banque mondiale et  de la Croix-Rouge. Mais la préoccupation des autorités congolaises est ailleurs.

Les neuf voisins de la RDC suivent de très près l'évolution de la situation en RDC

Déjà en 2017, la fièvre Ebola avait refait surface en RDC dans la région du Bas-Uélé, une province du nord du pays, située en pleine zone tropicale. Avec cette nouvelle apparition à Bikoro, presque à un an d'intervalle, le virus Ebola semble opérer un macabre retour aux sources qui confirme le neuvième épisode d'Ebola dans le pays. La maladie, découverte en 1976, tire son nom de la Rivière Ebola située en RDC à la frontière avec la République centrafricaine.

En trois mois, l'OMS a débloqué un million de dollars pour stopper la propagation de l'épidémie en RDC, pays tentaculaire de 78 millions d'habitants, frontalier de neuf pays d'Afrique centrale et de l'Est. L'inquiétude est donc grande chez les pays voisins d'une propagation de l'épidémie à partir de ce foyer détecté en RDC.

Pour autant, bien que compréhensible, la prudence du Nigeria, très «éloigné» de la RDC, peut créer un effet de panique généralisée dans les autres régions africaines. Une panique, dans le cas de l'épidémie en Guinée et en Sierra Léone, avait conduit à la fermeture de frontières et à la stigmatisation de citoyens issus de ces pays. Bien souvent,les gouvernants sont pris entre l'enclume de la pression d'une opinion publique tétanisée par le choc des images médiatiques et le marteau des relations de bon voisinage entre Etats.

Au-delà, la réapparition du virus d'Ebola en RDC permet de mesurer le degré d'impréparation des gouvernements africains aux épidémies et aux catastrophes naturelles. Elle renseigne aussi sur l'absence de prévoyance par la recherche de ces épidémies et de ces catastrophes.

Autre lacune à signaler, le manque de solidarité entre pays africains. Jusque-là, la première réaction de soutien vient du lointain Nigeria pendant que les voisins de la RDC scrutent fiévreusement les annonces de l'OMS et du Laboratoire national de santé publique de la RDC, avec l'espoir de voir le virus enrayé, avant qu'il ne puisse frapper à leurs portes.

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Commentaires
a écrit le 11/05/2018 à 12:06 :
de retour en France, les bruits circulaient déjà au Cameroun cette dernière semaine,
je constate encore une fois la carence en éducation prophylactique des populations . Tant qu'il y aura des humains pour manger des singes porteurs sain des diarrhées hémorragiques Ebola , alors il y aura de nouveaux foyer d'infection des fièvres ébola.
NON,non mes frères , ébola n'est pas une invasion des blancs pour vous nuire comme circulent bêtement le bruit en brousse,
ce n'est pas parce qu'on découvre un virus que l'on est l'inventeur maléfique...
éduquons nos peuples pour qu'il fassent attention à la provenance de la viande de brousse
et peut être cesserons les 'punitions divines' sur nous pov' africains.

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