Tchad : la réponse à la crise humanitaire coûtera 544 millions de dollars

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Des villageois de Ngouboua se préparant à quitter leur localité, après une attaque du groupe terroriste Boko Haram, le 13 février 2016 sur la rive nord-est du lac Tchad.
Des villageois de Ngouboua se préparant à quitter leur localité, après une attaque du groupe terroriste Boko Haram, le 13 février 2016 sur la rive nord-est du lac Tchad. (Crédits : Reuters)
Le gouvernement tchadien et la communauté humanitaire viennent un nouveau plan de réponse humanitaire nécessitant la mobilisation d'une enveloppe de 544 millions de dollars. Le Tchad fait face à une crise humanitaire avec plus de 4,4 millions ayant besoin d'assistance humanitaire pour la seule année 2018.

La crise humanitaire va coûter plus de 544 millions de dollars cette année 2018 au Tchad. Présentant ce vendredi leur Plan de réponse humanitaire, les autorités tchadiennes et la communauté humanitaire ont insisté sur l'importance de mobiliser cette somme pour venir en aide aux 4,4 millions de personnes (sur une population totale de 14,7 millions), soit près d'une personne sur trois, ayant besoin d'assistance humanitaire dans le pays.

«Malgré nos efforts, la situation humanitaire est préoccupante», a déclaré Stephen Tull, coordonnateur humanitaire des Nations Unies au Tchad, appelant à la mobilisation des fonds nécessaires. «Faisons tous preuve de la même solidarité que montrent les populations tchadiennes qui accueillent ces réfugiés et partagent avec eux leurs maigres ressources», a exhorté l'expert onusien.

En début de ce mois de février, seulement 1,8% des 544 millions requis pour la réponse humanitaire lancée ont été mobilisés, alors que Plan de réponse humanitaire 2017 n'a été financé qu'à hauteur de 43% (contre 53% en 2016). «Ce qui en fait un des dix plans les moins bien financés au monde. Cette situation est inexplicable et a des conséquences humaines catastrophiques », a lancé Tull.

Du côté de N'Djamena, à l'instar de la représentation onusienne, on insiste sur l'importance de répondre aux besoins humanitaires, mais en faisant le lien avec le développement du Tchad. «La mise en œuvre du Plan de réponse humanitaire contribue aux efforts de développement du pays, en contribuant à la préservation et au renforcement du capital humain et au développement des moyens d'existence », a souligné pour sa part Issa Doubragne, ministre tchadien de l'Economie et de la planification du développement. Pour lui, il est important de coordonner les efforts afin de réduire durablement les vulnérabilités et avancer vers les Objectifs de développement durable, «en s'assurant de ne laisser personne de côté».

Une situation qui risque de se détériorer

La situation humanitaire au Tchad risque de se dégrader si les fonds ne sont pas mobilisés à temps. Selon Florent Méhaule, chef du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) au Tchad, le sous-financement humanitaire pourrait même conduire à une détérioration des indicateurs sociaux et à une exacerbation des vulnérabilités. «Ce qui augmentera les besoins humanitaires en 2019. Il est urgent d'agir maintenant, à travers une approche intégrée qui permet de répondre aux besoins vitaux ainsi qu'aux causes profondes des crises humanitaires », a-t-il averti.

Déjà la prévalence de la malnutrition aiguë a augmenté dans le pays, dépassant les seuils d'urgence dans de nombreuses régions et dont 12 ont été déclarées en situation d'urgence nutritionnelle.

Notons que le Plan de réponse humanitaire 2018 vise à atteindre trois objectifs : sauver et préserver la vie et la dignité des populations affectées ; réduire leur vulnérabilité à travers le renforcement de la résilience ; et contribuer à la protection des populations vulnérables et renforcer la redevabilité envers les populations affectées.

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