Épidémie : l'OMS redoute une propagation de la peste depuis Madagascar

 |   |  593  mots
(Crédits : © Baz Ratner / Reuters)
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a exprimé ce mercredi 7 février ses craintes sur la prochaine l'épidémie de peste à Madagascar. Pour lui, le risque est important que celle-ci soit de plus grande ampleur que la précédente et qu'elle se propage au-delà des frontières malgaches.

Les pires craintes par rapport à la peste qui sévit sur la Grande Île africaine se confirment. Sur la question concernant quel pourrait être le visage de la prochaine épidémie de peste à Madagascar, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus s'est voulu très vigilant.

La prochaine épidémie de preste « risque d'affecter davantage Madagascar et même de déborder dans les pays voisins et au-delà », s'est ainsi exprimé l'expert onusien, à l'occasion d'un point de presse à Genève en Suisse. La peste ayant reculé un peu ces derniers jours, le responsable qui s'était rendu à Antananarivo après la fin de la phase aiguë de l'épidémie a rencontré des membres du gouvernement et a présenté ses vives inquiétudes.

« Nous sommes d'accord pour dire que la prochaine transmission pourrait être de plus grande ampleur », s'inquiétait Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Tedros Adhanom Ghebreyesus a expliqué que même si à ce jour, elle ne peut plus faire autant de victime que redouté, la peste n'a pas disparu et reste endémique dans certains pays africains. « Le plus fort de la flambée est derrière nous mais nous devons pouvoir continuer à détecter les cas et à intervenir jusqu'à la fin de la saison épidémique en avril 2018 », avertissait-il.

Les inquiétudes du premier responsable de l'OMS sont loin d'être dénuées d'arguments. L'expert soutient que ce caractère virulent et régional de la prochaine épidémie sera favorisé par les problèmes d'assainissement qui persistent sur l'île et de la résistance des puces à un grand nombre d'insecticides et autres produits chimiques habituellement utilisés pour les neutraliser, l'épidémie de 2017 « a laissé plus de réserves » de bactéries à Madagascar que d'habitude, a-t-il laissé entendre.

La prévention prend forme

Pour prévenir ce caractère annoncé pour la prochaine épidémie de peste à Madagascar, les autorités malgaches et l'OMS se mobilisent et ont mis sur pied un plan commun pour agir. « Nous avons évalué la situation avec le gouvernement et avons mis sur pied un plan (qui) est prêt maintenant », a confié Tedros Adhanom Ghebreyesus, évitant de donner plus de détails sur le contenu de ce plan, mais se félicitant du type de partenariat entre les deux parties pour l'éradication de la peste.

« Je félicite le gouvernement de Madagascar pour la manière dont il a travaillé avec les partenaires pour contenir cette épidémie. C'est exactement le type de leadership nécessaire pour éviter que les épidémies ne deviennent incontrôlables », déclarait  déjà le Dr Tedros en novembre 2017, dans un communiqué de son organisme.

Notons que la bactérie Yersinia pestis à l'origine de la peste, est transportée par les rats et transmise à l'homme par leurs puces. Elle réapparaît chaque hiver austral (avril-septembre) depuis plusieurs années. Mais en ce qui concerne l'année dernière, la peste est apparue plus précocement et a infesté les villes contrairement aux années antérieures où elle n'était détectée que dans la campagne.

L'épidémie a fait plus de 200 morts. La plupart des patients recensés à Madagascar ont été infectés par la peste pulmonaire, considérée comme la forme la plus dangereuse de la maladie, qui touche les poumons et qui se transmet en cas de contact rapproché avec une personne malade qui tousse. Le 27 novembre 2017, elle a été déclarée sous contrôle par le l'OMS.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :