Sub-sahariens : ces migrants dont on parle peu !

Après le démantèlement de la fameuse «jungle» de Calais, ce sont les camps de fortunes des migrants à Paris qui sont dans le collimateurs des autorités françaises, notamment le camp de Stalingrad (Paris).
Amine Ater

3 mn

Les migrants sub-sahariens restent les grands oubliés des politiques d'intégration européennes, notamment françaises qui se focalisent sur les ressortissants syriens et afghans
Les migrants sub-sahariens restent les grands oubliés des politiques d'intégration européennes, notamment françaises qui se focalisent sur les ressortissants syriens et afghans (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)

Ce sont pas moins de 3.800 personnes qui ont été évacués du camps de fortune de Stalingrad, par un impressionnant dispositif de sécurité. Suite à l'évacuation, les autorités locales ont détruit les tentes et abris pour palier à tous mouvement de retour. Cette opération d'évacuation, a été marquée par une large couverture médiatique tout comme celle du démantèlement de la jungle de Calais. Un traitement qui a différé des précédents par un retour sous les projecteurs de la problématique des migrants sub-sahariens, notamment Erythréens, Ethiopiens ou encore Soudanais. Cette catégorie de migrants a été pendant longtemps placée au 2e plan par les médias de l'Hexagone qui privilégiaient dans leur couverture les migrants originaires de Syrie et d'Afghanistan. Cette différenciation de traitement peut s'expliquer par l'amalgame que subissent les migrants issus de ces pays d'Afrique de l'Est qui sont assimilés à ce qui est communément défini comme des «migrants économiques». Bien que ces derniers sont pour la plupart issus de pays en proie à l'instabilité politique, tout comme les ressortissants afghans et syriens. Les autorités françaises sont également tombées dans le piège de la généralisation du traitement à l'endroit des migrants sub-sahariens, focalisant les procédures d'obtention de l'asile politique sur les ressortissants afghans et syriens

Rescapés de l'horreur

L'Erythrée, petit pays de la Corne d'Afrique indépendant de l'Ethiopie depuis 1993 est souvent comparée à la Corée du Nord, en termes de restriction de libertés individuelles et de contrôle de masse. Preuve en est, la Commission d'enquête des Nations unies sur la situation des droits de l'homme en Erythrée a établi dernièrement, que « des crimes contre l'humanité » sont commis à l'encontre de la population érythréenne par son propre gouvernement. Un constat qui rejoint la multitude d'alertes, rapports et enquêtes publiés sur le pays par des ONG. Des centaines de milliers d'Erythréens fuient notamment le service obligatoire qui peut durer indéfiniment. Les 300 migrants ayant perdu la vie au large de Lampedusa (octobre 2013) étaient majoritairement originaires d'Erythrée. Avant d'atteindre la méditerranée, ces derniers doivent survivre à la traversée du Sinaï où les migrants sont la proie des bédouins qui les kidnappent en échanges de rançon. L'Ethiopie voisine connaît actuellement des troubles politique, qui ont tous les symptômes d'une guerre interethnique. Le pays est actuellement en Etat d'urgence avec des restrictions qui touchent même les diplomates en place à Addis-Abeba. Cette situation d'exception vient en réaction à un violent mouvement de contestation, dont la répression aurait causé des centaines de victimes selon des associatifs. Une fronde menée par les communautés oromo et amhara (majoritaires en Ethiopie) qui s'estiment mises à l'écart par le pouvoir en place. Ces derniers dénoncent la mainmise de la minorité tigréenne sur les services de sécurités. Un bras de fer qui coïncide avec un ralentissement de l'économie suite à de fortes sécheresses.

Reste à savoir, l'attitude qu'adopteront les autorités françaises face à ces migrants, lors des procédures d'obtention d'asiles au sein des centres d'hébergements.

Amine Ater

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