Tchad – Idriss Déby décédé : « C’est le grand choc, on aurait tout imaginé sauf sa mort »

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(Crédits : Flickr)
A N’Djamena, la disparition d’Idriss Déby Itno a résonné comme un coup de tonnerre.

« C'est le grand choc », témoigne à La Tribune Afrique un haut cadre du ministère tchadien du Commerce et de l'Industrie qui requiert l'anonymat. « On aurait tout imaginé, sauf sa mort ! C'est une option que personne n'entrevoyait », ajoute-t-il d'un air un peu dépassé.

Le président tchadien est décédé ce mardi 20 avril, des suites de blessures reçues lors d'affrontements contre les rebelles dans le Nord du pays. « Idriss Déby Itno vient de donner son dernier souffle en défendant l'intégrité territoriale sur le champ de bataille », a déclaré le général Azem Bermandoa Agouna, porte-parole du Conseil militaire de transition (CMT), annonçant la mort du président de la République à la télévision nationale.

La nouvelle a en effet raisonné comme un coup de tonnerre, bien au-delà des frontières du Tchad, d'autant que Idriss Déby s'était rendu au Congo il y a quatre jours, pour assister à l'investiture de Dénis Sassou Nguesso.

Selon les informations reçues par le journaliste Alain Foka qui a suivi le Maréchal tchadien pendant plusieurs décennies, Idriss Déby aurait été blessé lundi et aurait succombé à ses blessures à son arrivée à N'Djamena.

« Nous nous attendions plutôt à des affrontements en ville »

« Hier (lundi), déjà, il y avait beaucoup de mouvements dans la capitale et une certaine sécurité qui se mettait en place. Mais nous nous attendions plutôt à des affrontements en ville. D'ailleurs, en prévision à cela, la majorité des familles avaient fait des réserves alimentaires », relate notre source à N'Djamena. « Nous avons été informés de la triste nouvelle pendant que nous étions au bureau ce matin, poursuit-elle. Toutes les administrations ont été immédiatement fermées ».

Les combats se déroulaient en effet à 300 Km de la capitale et le président Déby avait l'habitude d'y prendre part et d'en sortir sain et sauf. Il s'en est allé cette fois, alors que la cour constitutionnelle a confirmé sa victoire à l'élection présidentielle du 11 avril remportée au premier tour, avec 79,32% des suffrages exprimés. Il était ainsi réélu pour un sixième mandat.

Au pouvoir depuis le 4 décembre 1990 après avoir chassé Hissène Habré, Idriss Déby Itno a présidé le Tchad d'une main de fer. Critiqué pour sa longévité au pouvoir et le défaut de démocratie dans son pays, il a plusieurs fois déclaré qu'il y restait malgré lui, soutenant par ailleurs dans un entretien avec Jeune Afrique que « parfois la longévité au pouvoir est une bonne chose ».

« Il faut que cela se passe comme au Mali »

Pour l'instant, la population tchadienne retient son souffle. Face à la suspension de la constitution, l'armée dirigera le pays au cours des 18 prochains mois sous l'égide du Conseil militaire de transition (CMT) avec à sa tête Mahamat Idriss Deby Itno, fils du défunt président. Il aurait déjà dissolu le gouvernement et l'assemblée nationale.

« La situation présente peut présager des lendemains incertains pour notre pays, mais nous comptons sur le bon sens de l'armée pour donner de bons signaux et favoriser une transition pacifique. Il faut absolument que cela se passe au moins comme au Mali, sans effusion de sang et sans trouble majeur », souhaite notre source.

Si la situation politique - avec notamment l'impact sur le Sahel d'une éventuelle instabilité au Tchad- fera la une de toutes les analyses, l'économie du pays déjà plombée par la crise de Covid-19 ne tient également qu'à un fil dans le contexte actuel.

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