The Ibrahim Governance Weekend 2019 : Migrations africaines et jeunesse créative au cœur des échanges

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(Crédits : Twiiter/Mo Ibrahim Foundation)
L’Ibrahim Governance Weekend s’est ouvert hier à Abidjan. Cette grande messe annuelle sur la gouvernance en Afrique, qui réunit leaders politiques, économiques et sociaux, s’articule cette année autour de la méticuleuse question des migrations et le rôle que la jeunesse peut jouer dans l’inversion des tendances à travers le Continent.

Détruire -données à l'appui- les fausses idées reçues sur les migrations africaines, lancer les pistes de réflexion et proposer des stratégies qui permettront aux économies africaines de relever le défi d'offrir des opportunités à sa « jeunesse explosive » tant en potentiel qu'en énergie, démontrer l'urgence du renforcement de la mobilité à travers le Continent et l'actualisation des compétences, telles sont entre autres les objectifs de l'édition du Ibrahim Governance Weekend qui se tient du 5 au 7 avril à Abidjan.

Organisée par la Fondation Mo Ibrahim du milliardaire soudanais éponyme, cette grand-messe de la gouvernance qui réunit leaders politiques, économiques, scientifiques et sociaux, s'articule en effet autour des migrations africaines. Parmi ces personnalités figurent environs 80 jeunes leaders africains issus de 35 pays. D'ailleurs un side event d'échanges dénommé « Now Generation Forum » leur a été dédié toute la journée de jeudi.

« Nous ne pouvons pas débattre de la jeunesse sans elle. C'est pour cela que la présence de jeunes est primordiale », a déclaré Dr Mo Ibrahim

Cette grand-messe de la gouvernance est marquée cette année par la participation de la lauréate du Prix Ibrahim pour l'Excellence en Leadership Africain 2018, l'ex-présidente du Libéria Ellen Johnson Sirleaf, mais surtout celle du président du pays hôte, Alassane Ouattara, qui, lors de son allocution de bienvenue s'est livré à une sorte d'aveu.

« C'est le moment de reconnaître la migration comme une expression des espoirs et des ambitions de nos jeunes gens » - Alassane Ouattara

« La gouvernance, le vrai problème »

Pour l'occasion, la Fondation Mo Ibrahim a publié son rapport 2019 intitulé « Jeunesse africaine : migration faute d'emplois ? ». Le document questionne sur les raisons profondes de la migration chez les jeunes et sert de base à toutes les discussions menées pendant le forum.

Depuis le début des discussions, la responsabilité des gouvernements dans l'orientation des jeunes en Afrique fait l'unanimité. Dr Vera Songwe, secrétaire exécutive de la Commission économique pour l'Afrique (CEA), s'est voulue insistante à ce sujet ce samedi matin : « lorsque nous parlons de migration, nous devrions parler de gouvernance. Le problème n'est pas la migration, le problème est la gouvernance, la participation, l'environnement des affaires ». Elle a également insisté sur le facteur mobilité intra-régionale qui permettra à l'Afrique de mieux profiter de sa richesse démographique. « Il y a 23 millions de réfugiés en Afrique. Il faut laisser les frontières ouvertes, sinon nous fermons le marché de l'emploi a des millions de personnes. Nous devons avoir une vision pour l'Afrique ».

Pour une jeunesse battante

Mamadou Touré, président de la fondation Africa 2.0, a quant à lui ouvert une autre piste de solution en évoquant la possibilité de la jeunesse de se battre par elle-même. « La jeunesse ne doit pas compter sur les gouvernements [...]D'un point de vue de la gouvernance, il ne s'agit pas de donner des emplois aux Africains, mais qu'ils créent eux-mêmes leurs emplois ». Une sorte d'appel à cultiver et amplifier l'esprit entrepreneurial dont les jeunes africains font déjà ingénieusement preuve. A Abidjan, les discussions se poursuivent jusqu'à ce dimanche.

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