Afrique du Sud : Ramaphosa appuie sur l’accélérateur de la réforme agraire

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(Crédits : Reuters)
Le président sud africain s’est engagé à accélérer l’opération de redistribution des terres au profit de la minorité noire entamée depuis la fin de l’apartheid. Selon Cyril Ramaphosa, les progrès jusque-là enregistrés sont encore insignifiants d’où la nécessité de «corriger une injustice historique».

C'est assurément l'un des thèmes de la prochaine campagne pour les élections de 2019 et le chef de l'Etat sud-africain en a bel et bien conscience. Ce samedi à Johannesburg, Cyril Ramaphosa, a réitéré son engagement à accélérer la réforme agraire, une promesse qu'il a faite dès son arrivée au pouvoir en février dernier. Pour le président de l'ANC qui intervenait justement à l'occasion d'un conclave de son parti sur cette question, l'opération de redistribution des terres au profit de la majorité noire n'a enregistré que peu de résultats alors qu'elle était destinée à «réparer une injustice historique grave commise à l'égard de la majorité noire pendant l'apartheid». «Nous avons une opportunité historique de corriger cette injustice et nous allons la saisir» a poursuivi le président Ramaphosa pour qui «comme toutes les autres ressources économiques de ce pays, la terre a été historiquement utilisée pour servir les intérêts d'une frange étroite de la société».

«Sans redistribution de la terre, nous ne construirons pas une Afrique du Sud unie. Sans donner aux pauvres les moyens de cultiver la terre de façon productive, nous ne vaincrons pas la pauvreté».

Inégalités sociales et promesses de campagne

Du haut de la tribune du conclave du parti de Nelson Mandela, le successeur de Jacob Zuma a rappelé que le régime de l'apartheid a  accordé 87% des terres à la minorité blanche et seulement 13% à la majorité noire. C'est pour cette raison dès la fin de l'apartheid en 1994, l'ANC qui est arrivé au pouvoir à la faveur du multipartisme a fait de la réforme une priorité. Malgré les engagements des gouvernements qui se sont depuis succédés à la tête du pays, Cyril Ramaphosa a regretté le «manque de progrès» enregistré qu'il a attribué à plusieurs facteurs notamment la faiblesse des institutions, l'incohérence des législations, une mauvaise allocation des ressources et la corruption.

C'est donc de la responsabilité de l'ANC de conduire cette réforme et en ce sens, le chef de l'Etat a plaidé pour soutenir le programme du gouvernement qui devrait être discuté par la direction du parti. «Nous avons un programme complet, cohérent et durable» a annoncé le chef de l'Etat sur fonds de campagne électorale en prélude aux élections de 2019. La réforme agraire en sera un des principaux thèmes de cette campagne et l'ANC traîne comme un boulet ce maigre bilan en matière agraire qui constitue l'une des parties les plus visibles des inégalités sociales qui persistent dans l'économie la plus développée du continent.

Avant la tenue des élections qui devront, sauf surprise, le confirmer comme chef de l'Etat, Cyril Ramaphosa veut donc montrer qu'il s'agit plus que d'une promesse de campagne. La réforme devrait notamment définir définitivement les mécanismes d'expropriation des terres sans compensation, ce qui suscite beaucoup d'inquiétudes parmi la minorité blanche.

Il convient de rappeler qu'en février dernier le parlement sud-africain a déjà adopté une motion pour la mise place une commission chargée de réviser la Constitution pour ouvrir la voie à la réforme. Une fenêtre que l'ANC veut utiliser pour redorer son blason et le président Ramaphosa, imprimer sa marque.

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