Ellen Johnson Sirleaf reçoit officiellement le prix Mo Ibrahim

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(Crédits : Reuters)
L'ancienne présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf a officiellement reçu le Prix Ibrahim pour l’Excellence en Leadership Africain. Cette distinction vient récompenser son action à la tête du Libéria qui a permis de redresser le pays après la longue période de guerre civile qu'il a connu. L'anciennne présidente est devenue le cinquième chef d'Etat primé par la Fondation.

Après être entrée dans l'histoire comme première présidente élue en Afrique mais aussi comme l'une des rares femmes Prix Nobel du continent, Ellen Johnson Sirleaf revient encore au-devant de la scène entrant encore un peu plus dans l'histoire. Et cette fois-ci, c'est grâce à la Fondation Mo Ibrahim. Ce vendredi 27 avril 2018 à Kigali au Rwanda, l'organisation a décerné à l'ancienne cheffe d'Etat libérienne une distinction pour sa «gouvernance exceptionnelle» et donc l'ensemble de son œuvre à la tête de l'Etat ayant notamment permis de redresser le pays après sa très longue guerre civile.

«Ellen Johnson Sirleaf a pris la tête du Libéria quand il était complètement détruit par la guerre civile et a mené un processus de réconciliation centré sur la construction d'une nation et ses institutions démocratiques», a commenté Salim Ahmed Salim, président du comité d'attribution du prix, cité dans un communiqué rendu public par la Fondation.

«Durant ses deux mandats, elle a œuvré inlassablement au nom du peuple du Libéria. Un tel parcours n'est pas exempt de défauts et, aujourd'hui, le Libéria continue de faire face à de nombreux défis. Néanmoins, durant ses douze ans au pouvoir, Ellen Johnson Sirleaf a posé les fondations sur lesquelles le Liberia peut désormais se construire», a-t-il ajouté. A en croire les sources proches, le Prix Ibrahim pour l'Excellence en Leadership Africain met en avant le travail dans l'intérêt du public ou son action en faveur du développement durable d'un ancien chef d'Etat ou de gouvernement d'un pays d'Afrique subsaharienne, qui a quitté ses fonctions au cours des trois dernières années. Le prix a des implications financières. Selon le communiqué, Ellen Johnson Sirleaf empochera une enveloppe de 5 millions de dollars sur 10 ans mais également une allocation de 200.000 dollars annuels jusqu'à la fin de sa vie.

Premier prix depuis 2014 et cinquième chef d'Etat primé

Cette distinction décernée à l'ancienne présidente libérienne est particulière à tout point de vue. Premièrement parce qu'elle est le premier chef d'Etat primé depuis 2014 et le cinquième de toute l'histoire du prix. Durant cette période la fondation n'a pas décerné de prix faute de candidat rassemblant les qualités recherchées. Elle succède ainsi au président namibien Hifikepunye Pohamba récompensé en 2014. Avant celui-ci, le Cap-Verdien Pedro De Verona Rodrigues Pires en 2011, le Botswanais Festus Gontebanye Mogae en 2008 et le Mozambicain Joaquim Chissano en 2007 sans oublier la légende Nelson Mandela qui avait été fait lauréat honoraire du prix en 2007, avaient été sacrés. Pour soutenir leur ancien homologue, les présidents rwandais, Paul Kagamé et ivoirien Alassane Ouattara, faisaient partie des personnalités présentes à la cérémonie.

La seconde particularité de ce prix est qu'il récompense pour une première fois une femme d'Etat. «J'espère que les femmes et les filles de toute l'Afrique seront inspirées pour franchir les barrières et repousser les limites des possibilités de la vie», a déclaré Ellen Johnson Sirleaf dans son discours d'acceptation du prix. «Je reçois cette distinction au nom des nombreuses femmes et des nombreux hommes qui ont aidé à avancer à travers les profondes complexités du pays qu'était le Libéria d'après-guerre», a-t-elle ajouté.

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