Accord de Paris : l'UA monte au créneau et dénonce la décision de Trump

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Ce 1er juin 2017, Donald Trump confirmait le retrait des Etats-Unis de l'Accord de Paris sur le climat, conclu en décembre 2015 à l'issue de la COP21.
Ce 1er juin 2017, Donald Trump confirmait le retrait des Etats-Unis de l'Accord de Paris sur le climat, conclu en décembre 2015 à l'issue de la COP21. (Crédits : REUTERS/Kevin Lamarque)
Presque attendue, la décision de l'Administration Trump de se désengager de l'Accord de Paris a été très mal reçue par la communauté internationale. En Afrique, c'est l'UA qui vient de manifester son incompréhension face au geste de Donald Trump, alors que le continent est la première victime des conséquences du réchauffement climatique.

On s'y attendait quelque peu. L'Union africaine (UA), une des institutions les plus impliquées dans la signature de l'Accord de Paris sur le climat, n'a pas attendu longtemps pour réagir à la décision des autorités américaines de retirer leur pays desdits accords. Les dirigeants africains, à travers une déclaration rendue publique, ont exprimé, entre les lignes, leur désaccord.

Pour eux, il est important «d'accélérer la mise en place des Accords de Paris» plutôt que de s'y retirer. Un acte pour lequel l'UA lance un appel à la communauté internationale : «L'Union africaine qui a joué un rôle prépondérant pendant les assises de la COP 21 et a souscrit à tous les engagements, réaffirme son soutien total et inconditionnel à l'Accord de Paris».

D'ailleurs, l'institution africaine compte amener le président des Etats-Unis à changer d'avis et à revenir sur ses propos. «L'UA mettra à profit le sommet du G20 pour sensibiliser davantage le Président des Etats-Unis Donald Trump à propos des enjeux du réchauffement climatique, pour l'intéresser à cette question et impliquer davantage son pays dans l'effort mondial pour faire face à ce défi qui interpelle plus encore les nations africaines que celles du reste du monde», promet l'UA dans sa déclaration.

L'Afrique, première victime du réchauffement climatique

Le retrait des Etats-Unis, et au-delà de son aspect diplomatique pourrait avoir beaucoup de conséquences. Pour certains observateurs, comme dans beaucoup de Traités, ce document se trouve affaibli, l'Amérique étant l'un «des plus grands pollueurs» de la planète. Et un affaiblissement de ces accords pourrait être synonyme d'une condamnation pour l'Afrique, la plus grande victime du réchauffement climatique.

«L'Afrique, peu émettrice de gaz à effet de serre, est le continent le plus touché par les conséquences du réchauffement climatique... Les recherches effectuées montrent que le changement de température se répercute sur la santé, les moyens de subsistance, la production alimentaire, la disponibilité en eau et la sécurité globale des Africains», déclare le communiqué de l'UA.

D'après le texte, sur les 10 pays les plus menacés par le changement climatique, 7 sont en Afrique. Le document ajoute que ces 25 dernières années, le nombre des catastrophes environnementales en Afrique (sécheresses, inondations, etc.) s'est multiplié par deux, provoquant une progression du taux de mortalité, une réduction du rendement des activités d'élevage et de la productivité des sols sur le continent noir. C'est l'exemple du Lac Tchad, jadis un pourvoyeur économique et environnemental dans la zone d'Afrique centrale qui s'assèche petit à petit.

Autre conséquence du réchauffement climatique pour l'Afrique, la pauvreté et les migrations. D'après l'UA, l'influence du changement climatique sur l'agriculture et d'autres systèmes alimentaires augmente les taux de malnutrition et contribue à la pauvreté.

«L'accentuation de la pauvreté entraîne beaucoup de jeunes dans l'immigration avec des conséquences dramatiques. D'un côté, nos jeunes meurent dans le désert libyen ou les eaux de la méditerranée, de l'autre côté, nous avons la montée du populisme en Europe. Comme l'Esclavage à une certaine époque, l'immigration est en train de vider l'Afrique de ses forces vives », rapporte l'UA

Ses rédacteurs de la déclaration ne manquent pas d'ailleurs de préciser aussi que le réchauffement climatique conduit indirectement au terrorisme, à la violence et à toute sorte de conflits. «La modification des précipitations et de la température se répercute déjà sur le rendement des cultures en Afrique subsaharienne. Cela a entraîné des pénuries alimentaires qui ont déclenché une migration transfrontalière et des conflits intra-régionaux, eux-mêmes à l'origine de l'instabilité politique et du terrorisme international », relate le communiqué avant de conclure que «le continent africain, bien qu'il soit moins responsable que d'autres des facteurs anthropiques à l'origine du changement climatique, est pourtant celui qui en souffre le plus directement».

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