Comesa : la Tunisie et la Somalie décrochent leur ticket d’entrée lors du sommet burundais

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(Crédits : DR)
Il faudra prévoir deux sièges supplémentaires lors de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernements du 20ème sommet du Marché commun de l'Afrique orientale et australe (Comesa) prévu les 18 et 19 avril prochains. Après plusieurs tractations, la Tunisie et la Somalie devraient officiellement rejoindre cette organisation pour porter à 21, le nombre de pays membres de cette zone de libre-échange des pays d’Afrique orientale et australe. Une entrées à enjeux multiples, notamment économiques.

Deux nouvelles adhésions au marché commun des pays d'Afrique orientale et australe (Comesa, acronyme en anglais) vont être officialisées lors du 20ème sommet de l'organisation.

« C'est un sommet de grande envergure qu'on aura organisé et qui sera gravé dans les annales de l'histoire diplomatique du COMESA dans la mesure où il y aura l'adhésion de deux nouveaux pays, à savoir la Tunisie et la Somalie», prévient d'emblée  Zéphyrin Maniratanga, président du comité de coordination du sommet en intense préparation à Bujumbura, la capitale du Burundi où il vient de recevoir Sindiso Ngwenya, le SG de l'organisation.

Deux nouveaux sièges pour Tunis et Mogadiscio

Cette dernière prépare activement l'élargissement de la communauté à Tunis et de Mogadiscio qui vont désormais siéger en tant que membre après plusieurs tractations diplomatiques et des coups d'arrêt à la tenue du sommet déprogrammé pour sa date d'octobre 2017.

Avec quelques modifications ou adaptations à prévoir dans leurs législations respectives notamment sur les règles douanières et de libre circulation des biens et des personnes, les deux pays devraient se conformer à la Charte de ce marché de 475 millions de consommateurs. Mais la question de leur entrée semble avoir été définitivement entérinée.

Pour cette organisation souvent critiquée pour son immobilisme, l'entrée des deux pays lui permet d'élargir son marché au-delà de son espace géographique naturel après que plusieurs pays d'Afrique centrale en ont claqué la porte. A la faveur de la fraîcheur apportée par les nouveaux entrants, le Comesa devrait sans doute réviser la création de son union douanière commune, de son visa unique et le renforcement de la zone monétaire avec son projet de monnaie unique.

Le plus grand enjeu, un marché intégré de 625 millions de consommateurs

Au-delà de la victoire diplomatique pour sa patience, la Tunisie se voit ainsi offrir avec son entrée, un débouché sur un marché doté d'un potentiel de 700 milliards de dollars. De quoi remonter le moral aux entreprises d'exportations tunisiennes, en ordre de bataille derrière le Premier ministre Youssef Chahed pour la conquête de marchés en Afrique subsaharienne devant une Union du Maghreb arabe (UMA) paralysée et des relations délicates avec ses partenaires économiques de l'autre côté de la Méditerranée.

Pour la Somalie, l'enjeu est tout autre. A peine le changement à la présidence acté que le pays de Mohamed Abdullahi doit restaurer l'autorité d'un Etat aux prises avec les groupes rebelles et terroristes, sans compter une économie qu'il faudrait faire redémarrer pour redonner de l'espoir à un pays terrassé par une longue guerre civile. L'entrée au Comesa est peut-être le coup de pouce que Mogadiscio attendait pour revenir au devant de la scène sous-régionale où elle recherche des alliés économiques.

Le plus grand enjeu pour les nouveaux est sans doute de bénéficier par ricochet du Traité de libre-échange tripartite (TFTA), vaste zone d'intégration du libre-échange regroupant trois régions économiques africaines du Caire au Cap: le Comesa, la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) et la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC). Vingt six pays pour un marché de 625 millions de consommateurs et un PIB global de plus de 1000 milliards de dollars.

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Commentaires
a écrit le 26/01/2018 à 9:28 :
C'est bien mais il faut beaucoup de travail pour conquérir cette zone. on doit mettre rapidement un système d'assurance pour le commerce extérieur et une agence de notation tunisienne pour évaluer les risques des entreprises qui veulent intervenir (investissement et commerce) dans cette zone. Un groupement bancaire devra être implanté dans cette zone favorisant la pénétration de nos entreprises dans les pays de la COMESA ..Le chemin est long et difficile mais pas impossible..

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