Lutte antiterroriste : le G5 Sahel lance son fonds fiduciaire, la balle dans le camp des donateurs

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(Crédits : DR)
La mesure est sans doute destinée à rassurer les pays donateurs sur la bonne gestion des fonds. A quelques semaines de nouvelles rencontres à Riyad et Burxelles entre le Mali, la Mauritanie, le Burkina, le Niger et le Tchad et les pays contributeurs, la Force commune du G5 Sahel s’est dotée d’un fonds fiduciaire. Objectif : gérer les promesses de participation.

Le conclave a porté ses fruits. Lors de leur réunion en terre malienne, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des pays du G5 Sahel ont annoncé la création d'un fonds fiduciaire.

Une caisse multirégionale pour gérer les 294 millions d'euros de promesses

« Nous avons pris des décisions importantes lors de cette session notamment celle qui consiste à créer un fonds fiduciaire pour recevoir les ressource nécessaires à l'opérationnalisation rapide de la force conjointe du G5 Sahel » confie à la presse locale, Tiéman Hubert Coulibaly, le chef de la diplomatie malienne.

En clair, le Fonds fiduciaire du G5 Sahel est une sorte de caisse multirégionale de gestion des dépenses liées à l'opérationnalisation de cette task-force inter-Etats, basée à Sévaré dans le centre du Mali et composée de 5000 hommes qui  vont mener les manœuvres de lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne.

Jusque-là handicapée par le manque de financement, la Force du G5 Sahel avait du mal à trouver un budget prévisionnel de 423 millions d'euros réparti entre les 230 millions d'investissements, les 110 millions pour les premières opérations et les 83 millions pour les salaires. Même si ce budget a été raboté pour le ramener à 250 millions, la réunion des donateurs à Paris en décembre dernier, a récolté des promesses de financement de l'UE, de la France, de l'Arabie Saoudite et d'autres, à hauteur de 294 millions d'euros au compteur.

C'est justement cette enveloppe, encore au stade de promesse, que le Fonds fiduciaire est chargé de gérer. Pour administrer efficacement les « chèques » des pays donateurs, le fonds s'est doté d'un comité de soutien et d'un comité de contrôle dans lesquels siègent « partenaires bilatéraux et multilatéraux qui ont décidé d'accompagner l'opérationnalisation de la force ». Une précaution sans doute destinée à écarter tout soupçon de mauvaise gestion qui pourrait effrayer ses bailleurs.

Un processus laborieux pour rendre opérationnel le G5 Sahel

La création du fonds fiduciaire intervient à quelques semaines de deux nouvelles réunions des donateurs. La première est prévue en janvier à Riyad en Arabie-Saoudite qui a fait la plus grosse promesse (100 millions d'euros). La seconde réunion aura lieu le 23 février entre les pays du G5 Sahel et les pays contributeurs. Des conclaves au sommet au cours desquelles plusieurs pays pourraient confirmer ou étoffer leur enveloppe de participations.

La réunion de Bruxelles pourrait aussi recueillir la contribution de nouveaux pays notamment la Chine. En visite à Beijing, Emmanuel Macron, le président français devrait tenter de convaincre la Chine de Xi Jinping de miser sur la force commune antiterroriste. Toutefois, le temps presse. L'opérationnalisation du G5 Sahel, lancé en novembre 2015, semble être un laborieux processus qui se heurte à la problématique épineuse du financement.

Aussi, l'urgence d'agir contre le terrorisme qui se renforce dans la région sahélienne est-elle sacrifiée sur l'autel d'une lutte d'influence des pays donateurs et à leurs réticences à mettre la main à la poche. Pourtant, le terrorisme qui sévit dans la région, produit souvent des effets qui touchent les « lointaines » terres européennes et menacent d'autres contrées. Plus que jamais, il faut passer à l'action. Et vite !

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