La Côte d'Ivoire adopte la taxe à l'importation au profit de l'Union africaine

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La taxe à l'importation au profit de l'UA a été adoptée par les chefs d'Etat et de gouvernement lors de la 27e session ordinaire de l'institution panafricaine.
La taxe à l'importation au profit de l'UA a été adoptée par les chefs d'Etat et de gouvernement lors de la 27e session ordinaire de l'institution panafricaine. (Crédits : DR.)
Alors qu'a démarré ce lundi à Addis-Abeba le 29e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine, la Côte d'Ivoire vient d'instituer la «taxe à l'importation de l'Union africaine». Cette nouvelle disposition promeut l'intégration africaine conformément aux engagements pris par le pays.

Le président Alassane Dramane Ouattara a choisi le bon moment pour agir. Alors qu'il se préparait pour sa visite officielle à la capitale éthiopienne Addis-Abeba, où a lieu le 29e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine (UA), le président ivoirien a fait adopter en Conseil des ministres la «taxe à l'importation de l'UA».

D'après un communiqué du gouvernement ivoirien, cette taxe instituée à partir du 1er juillet 2017 entre dans le cadre de la décision adoptée par les chefs d'Etat et de gouvernement lors de la 27e session ordinaire de l'UA.

La nouvelle mesure a pour objectif de fournir à l'UA des «ressources stables, suffisantes et prévisibles pour l'exécution de ses programmes de développement et d'intégration ainsi que pour le financement de ses opérations de maintien de la paix et de la sécurité», précise-t-on du côté d'Abidjan.

Dans la pratique, le taux de la taxe à l'importation de l'UA est fixé à 0,2% de la valeur Coût, assurance et fret (CAF) des marchandises importées des pays non membres de l'institution panafricaine et destinées à la consommation. Cette décision qui consiste pour la Côte d'Ivoire à transposer, dans son système juridique, les orientations autour de la taxe à l'importation de l'UA, montre sa volonté d'honorer ses engagements vis-à-vis de l'institution.

A en croire le porte-parole du gouvernement ivoirien, Bruno Nabagné Koné, la Côte d'Ivoire comme les autres pays, s'était engagée à promouvoir les instruments et mécanismes en faveur de l'intégration africaine.

«Donnez-nous votre argent !»

L'adoption de la Côte d'Ivoire de cette taxe est un geste symbolique, surtout que les pays africains ont fait de l'autofinancement pour leur structure continentale une urgence.

«Nous ne pouvons pas dire aux bailleurs non africains, "Nous sommes autonomes" et leur dire dans le même temps, "Donnez-nous votre argent !"», a déclaré Alassane Ouattara.

Rassemblés autour du président guinéen Alpha Condé, les chefs d'Etat veulent rompre d'avec la dépendance financière vis-à-vis des bailleurs européens et chinois. Le chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey en parle comme d'une «honte» continentale :

«Le problème actuel, c'est que nous avions un financement qui, si vous me le permettez, fait honte à nous qui sommes Africains. Plus de 50% de nos financements viennent des bailleurs de fonds non africains. Ce n'est pas normal quand on veut prendre en main son propre destin, de se faire financer par les autres...».

Pourtant, certains Etats se montrent encore réticents vis-à-vis de cette disposition, alors que le besoin de fournir à  l'UA des ressources nécessaires venant de ses pays membres, pour la mise en œuvre de ses programmes, est aujourd'hui une urgence. Le Nigéria, l'Afrique du Sud, l'Egypte ou encore la Tunisie estiment que cette taxe recommandée dans tous les pays risque de déplaire aux partenaires extra-continentaux.

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