Tchad : Déby ne veut plus se battre seul contre le terrorisme

Le Tchad qui selon son président « se bat seul contre le terrorisme en Afrique », menace de se retirer des opérations militaires. Dans une interview accordée ce dimanche 25 juin à RFI, TV5Monde et Le Monde, le président Tchadien Idriss Déby Itno liste ses conditions pour rester dans la guerre du Sahel.

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(Crédits : DR)

Le Tchad est « fatigué » de se battre tout seul pour rétablir la paix et la sécurité en Afrique, notamment dans le Sahel. « Nous sommes arrivés au bout de nos limites », a dit sèchement le président Tchadien, Idriss Déby ce dimanche 25 juin dans une interview accordée à des médias français.  « Nous ne pouvons pas continuer à être partout, au Niger, au Nigeria, au Cameroun, au Mali et surveiller 1200 kilomètres de frontière avec la Libye. », poursuit le président avant de menacer de retirer ses troupes des théâtres des opérations en Afrique.

« Tout cela coûte excessivement cher et si rien n'est fait, le Tchad sera malheureusement dans l'obligation de se retirer », menace t-il.

Présent partout

Sans préciser de calendrier de retrait, Idriss déby indique néanmoins qu'une étude est en cours et que 2018 est une date « déterminante ».

« Je pense que fin 2017 début 2018, si cette situation devait perdurer, le Tchad ne serait plus en mesure de garder autant de soldats à l'extérieur de son territoire. Progressivement, une partie de nos soldats devront alors regagner le pays », a expliqué le chef de l'Etat, au pouvoir depuis 1990.

Le Tchad est présent sur de nombreux fronts en Afrique. Le pays compte 1400 hommes au Mali dans le cadre de la mission multidimensionnelle intégrée des nations unies pour la stabilisation du pays.

Pour la mission du G5 Sahel, « en gestation », 2000 soldats tchadiens seront mobilisés alors que les autres pays membres de la coalition, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Mali et le Niger réunis, vont seulement fournir 3000 hommes. Une très lourde responsabilité que le Tchad ne peut ou ne veut plus endosser.  « On ne peut pas avoir des forces dans le G5 Sahel et en même temps dans une autre mission sur le même théâtre ».

Les contingents tchadiens sont présentés comme les plus aguerris sur le continent. Seulement, le Tchad qui tire du pétrole 95% de ses revenus fait face aujourd'hui à la dure réalité du marché de l'or noir marquée par la baisse des cours du baril.

« Le Tchad est un petit pays qui n'a pas de moyens, qui a connu d'énormes problèmes dans son histoire récente. Il est donc du devoir de tous ceux qui ont plus de moyens de l'aider sur le plan militaire, matériel, logistique, financier », s'alarme le président Tchadien avant de rappeler qu'« en dehors de renseignements de temps en temps, de formations, depuis notre intervention au Mali, au Cameroun, au Nigeria, au Niger, nous n'avons pas été soutenus sur le plan financier. »

Frappé par la crise économique

Le Tchad qui se dit « seul » dans la lutte contre le terrorisme a déboursé sur « ses propres ressources plus de 300 milliards de francs CFA » pour la lutte contre le terrorisme « sans un soutien quelconque de l'extérieur ». Or, le pays est confronté aujourd'hui à une situation économique difficile. Tellement difficile que le gouvernement tchadien est obligé de ponctionner les salaires des travailleurs de la fonction publique qui se verront retirer certains privilèges. Pour économiser 43 milliards de Fcfa avant la fin de l'année, le gouvernement tchadien prévoit de réduire les indemnités des fonctionnaires du corps de la police, ainsi que le montant de crédit ouvert à titre de dépenses communes, entre autres mesures. En ce moment, il y a donc plus urgent pour N'Djaména que la guerre contre le terrorisme dans le Sahel.

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Commentaires 2
à écrit le 27/06/2017 à 14:00
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Le Président Deby ignore t-il que l'argent est le nerf de la guerre !? Quand on est ruiné financièrement, on ne joue plus au Gendarme, on rentre simplement à la maison !! À Force de se mêler de ce qui ne le regarde pas, Idriss Deby a conduit son pa...

à écrit le 26/06/2017 à 9:18
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Difficile de ne pas être d'accord avec lui, en effet les pays du monde toujours enclins à tuer le minimum de leurs soldats car ça fait très mauvais effet devant les caméras sur leur électorat quand ceux-ci meurent, ont mit les Tchadiens en avant et c...

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