A cause d'Ebola, le Rwanda ferme puis rouvre sa frontière avec la RDC

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(Crédits : Reuters)
Au petit matin ce jeudi 1er août, les usagers de l’axe Goma-Gisenyi ont trouvé les grilles séparant ces deux villes congolaise et rwandaise fermées. Pendant plus de dix heures, la circulation des personnes ne s’est faite que dans le sens Rwanda-RDC sans possibilité de faire le sens inverse. Durant une partie de la journée, Kigali a décidé de fermer sa frontière terrestre avec son voisin situé à l’ouest. La confirmation d’un troisième cas de patient atteint de la maladie à virus Ebola a précipité la fermeture de cet axe routier très fréquenté entre le pays d’Afrique centrale et celui de l’Afrique de l’Est.

A contre-pied des recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui, en dépit de la menace d'une épidémie extraterritoriale, ne recommande pas la fermeture de frontières pour éviter une psychose généralisée. Ce jeudi 1er août, les autorités rwandaises ont décidé de la fermeture de leur frontière terrestre avec la RDC, leur voisin de l'Ouest. Ce n'est qu'en début d'après-midi que la grille qui fermait le transit entre Goma (RDC) et Gisenyi (Rwanda) a été rouverte après un arrêt de plus de dix heures de fermeture.

Fermée le matin, la frontière a été rouverte de dix heures plus tard

«Le ministère de la Santé confirme que la frontière rwandaise avec la République démocratique du Congo est ouverte, à la suite du ralentissement de la circulation ce matin alors que des mesures ont été mises en place pour renforcer les procédures de contrôle et la sécurité publique aux points d'entrée», confirme le gouvernement rwandais dans un communiqué publié en début d'après-midi sur son site. La situation contraste avec celle de la matinée où le trafic n'était plus possible que dans le sens Rwanda-RDC sans possibilité d'emprunter le chemin inverse.

Très tôt ce jeudi 1er août, le bureau de la présidence de la RDC a déclaré dans un communiqué que le Rwanda avait fermé sa frontière avec son voisin del'ouest. «Cette décision préjudicie plusieurs Congolais et expatriés qui vivent à Gisenyi mais travaillent à Goma», a déclaré le Bureau de la présidence de la RDC dans un communiqué qui dénonce une décision à l'encontre des recommandations de l'OMS. Après plusieurs annonces dans les médias suivies de démentis express, le Rwanda a finalement confirmé l'information d'une brève fermeture pour muscler son dispositif de riposte.

Cette dernière intervient suite au troisième cas de décès d'Ebola signalé dans la ville de Goma, à la frontière avec le Rwanda après celui qui pasteur mort au début du mois. «A ce jour, le Rwanda n'a pas été touché par le virus Ebola. Le ministère a déconseillé les déplacements inutiles à Goma-Est du Congo, à la suite du nombre croissant de cas confirmés en RDC, et a demandé aux personnes s'étant récemment rendues dans une zone touchée par le virus Ebola de se rendre au centre de dépistage le plus proche et de signaler tout cas suspecté via Ebola», explique le communiqué rwandais.

1800 morts pour un sinistre premier anniversaire de l'épidémie

Mercredi, un orpailleur travaillant de la province de l'Ituri, dans le nord-est du pays est devenu la 1800e victime de la maladie depuis que l'épidémie est signalée. Diagnostiqué positif à la fièvre hémorragique, il avait été admis dans un centre de santé à Kiziba (banlieue de Goma) où il est décédé. Une des filles de l'orpailleur serait aussi décédée après avoir contracté la maladie. Une autre de ses filles présente actuellement des symptômes inquiétants et que deux autres de ses enfants sont considérés à haut risque, selon nos confrères de RFI.

Dans le sillage du sinistre premier anniversaire de la déclaration de l'épidémie d'Ebola, cette multiplication des décès et des infections a fait craindre le risque d'une épidémie multi-territoriale avec une propagation vers les neuf pays voisins de la RDC. Avec Goma, métropole de plus d'un million d'habitants comme nouveau centre d'épidémie, la psychose dans les régions et les pays voisins était palpable. Les autorités congolaises ont été contraintes de réaménager la composition du dispositif de riposte, poussant Oly Ilunga à démissionner du poste de ministre de la Santé. A Kinshasa comme dans les capitales des pays frontaliers, l'on espère que ce changement d'équipe suffirait à inverser la tendance pour venir à bout de la maladie.

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