La Nigerian National Petroleum refuse de justifier la disparition de 22 milliards de dollars de ses comptes

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Le siège social de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) à Abuja, la capitale fédérale du Nigeria.
Le siège social de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) à Abuja, la capitale fédérale du Nigeria. (Crédits : Reuters)
La Nigeria Extractive Industries Transparency (NEITI) peine à avoir des explications de la Nigerian National Petroleum Corp sur la disparition de 22,7 milliards de dollars de ses comptes pour l’exercice 2015. Une conclusion qui intervient deux mois après la publication d’un rapport à charge contre l’opérateur national et qui ne serait pas partagée par les opérateurs privés.

Deux mois après la publication d'un rapport à charge de la Nigeria Extractive Industries Transparency Initiative (NEITI) sur la gestion financière de la Nigerian National Petroleum Corp (NNPC), cette dernière n'a toujours pas expliqué les milliards de dollars de recettes manquantes dans ses états financiers de l'exercice de 2015. La NEITI chargée par la présidence d'assainir le secteur pétrolier dans le pays semble de son côté décidée à maintenir la pression sur l'opérateur public.

Silence radio chez NNPC

Cette pression de la NEITI sur la compagnie nationale est justifiée par «la coopération et le respect des exigences de publication des états financiers» par les producteurs privés d'énergie, alors que «la compagnie pétrolière d'Etat n'a pas expliqué ce qu'elle a fait avec au moins 22,7 milliards de dollars provenant de la vente de licences de pétrole et des dividendes de sa participation dans Nigeria LNG, sur période de 15 ans», a expliqué Waziri Adio, secrétaire exécutif de l'agence.

«Le secteur n'est plus le trou noir qu'il était autrefois, mais nous pouvons toujours utiliser plus de transparence. Il pourrait y avoir plus d'ouverture dans le domaine des contrats, de la propriété et de la transparence des dépenses, mais il y a certainement des progrès», a précisé Adio. Pour l'heure, la NNPC n'a toujours pas réagi à la sortie de la NEITI.

L'agence a notamment dans son collimateur la Nigeria LNG, une structure qui réunit NNPC (49%), Shell (25,6%), Total (15%) et ENI (10,4%). Cette co-entreprise n'est pas la seule en activité, d'autres alliant Exxon Mobil ou Chevron à la compagnie pétrolière d'Etat représentent 90% de la production du Nigeria, premier producteur continental. Celle-ci devra dorénavant se conformer aux conditions de la NEITI, créée en 2004 et qui exige depuis que les sociétés énergétiques internationales et le gouvernement publient le détail de leurs dépenses.

La NEITI sous-armée

Perçue comme une coquille vide par le grand public, la NEITI n'a pas d'autorité coercitive lui permettant d'obliger les entreprises à divulguer leurs comptes et à pénaliser les opérateurs pris en faute. Un constat nuancé par le management de l'agence qui revendique avoir permis au gouvernement fédéral de récupérer des milliards de dollars, suite à ses audits annuels.

Il n'empêche que ses audits ne sont pas « à jour », le dernier en date traitant de l'exercice 2015. Malgré ces trois années de retard -que l'agence s'est engagée à rattraper incessamment, le dernier rapport de la NEITI s'est interrogé sur le recul des revenus pétroliers enregistrés en 2015 et qui sont passés de 54,4 à 24,8 milliards de dollars, sans q'une éventuelle baisse de la production vienne justifier ces pertes.

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Commentaires
a écrit le 15/03/2018 à 8:02 :
Comment les autorites nigerianes ont voulu que la NEITI soit porteuse de benefice pour la pays sans moyens coercitifs contre les fraudeurs dans un pays ou la fraude est un exercie national tres prise? A moins qu'elles ne veulent pas d'une agence efficace! ! !

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