RDC/détournement : circulez, il n’y a rien à voir, pour Gécamines

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Le 21 juillet dernier, l'ONG Global Witness a publié un rapport qui accuse Gécamines de reverser une grande partie de ses bénéfices à l'entourage du président Joseph Kabila.
Le 21 juillet dernier, l'ONG Global Witness a publié un rapport qui accuse Gécamines de reverser une grande partie de ses bénéfices à l'entourage du président Joseph Kabila. (Crédits : DR)
L’entreprise d’Etat congolaise, Gécamines, vient de publier une réponse aux accusations portées à son encontre par la dernière étude de Global Witness. Le management du groupe minier s’est défendu de tout détournement de fonds. D’ailleurs, pour l’entreprise, cette étude serait « biaisée » et ne tiendrait pas compte des efforts entrepris par l’opérateur.

Gécamines vient réagir au rapport de l'ONG Global Witness paru le 21 juillet dernier et qui accuse l'entreprise de reverser une grande partie de ses bénéfices à l'entourage du président Joseph Kabila. Une étude intitulée « Distributeur automatiques de billets du régime; Comment les exportations en plein essor de la République démocratique du Congo ne profitent pas à ses habitants » que le management du groupe minier estime être « biaisée ».

Rien à signaler pour Gécamines

L'ONG accuse le premier cercle de la présidence congolaise d'avoir mis la main sur 750 millions de dollars de revenus miniers entre 2013 et 2015. En plus des accusations de détournements de fonds, Global Witness a également pointé du doigt, les modes de fonctionnement utilisés par les dirigeants de Gécamines. En effet, l'ONG a critiqué le système de joint-ventures minoritaires avec des partenaires étrangers majoritaires sur lequel repose la stratégie industrielle de l'entreprise.

D'ailleurs, l'opérateur n'apporte aucun élément de réponse aux accusations de détournements de fonds, autre que « le ministre des Mines a déjà pu répondre à cette allégation et démontrer que ces éléments résultent d'une mauvaise interprétation des chiffres ».  Le management de l'entreprise a préféré répondre sur la question des joint-ventures. « Sur le plan industriel, ayant constaté le rapport défavorable de la stratégie des joint-ventures minoritaires avec des partenaires étrangers majoritaires qui ne versent pas de dividendes après de nombreuses années d'exploitation, Gécamines a développé une stratégie ambitieuse, visant à doter la société de son propre outil de production et redevenir ainsi une société minière de premier plan », se défend le management de la Gécamines.

Management exemplaire selon la direction

L'entreprise revendique par ailleurs, la mobilisation de nouvelles ressources et l'octroi de prêts visant à racheter des actifs stratégiques, réaliser des investissements « productifs » ou encore certifier des réserves. Une stratégie industrielle approuvée par l'Etat en sa qualité d'actionnaire unique, selon Gécamines. D'ailleurs, le management du groupe minier soutient avoir « réduit de manière significative le montant totale de sa dette sociale ».

Le management du groupe minier a par ailleurs tenu à mettre en avant l'enveloppe de 35 millions de dollars débloqués dans le cadre d'un plan d'accompagnement qui devrait permettre aux retraités de toucher leur « décompte final ». Concernant le volet des investissements, Gécamines revendique une enveloppe de 335 millions de dollars débloquée en 2013, suivis de 67 millions de dollars en 2014, 68 millions en 2015 et 40 millions de dollars en 2016. L'entreprise prévoit d'investir près de 92 millions pour l'année en cours.

L'entreprise a par ailleurs tenu à rappeler que ses états financiers seraient « non seulement certifiés par un commissaire aux comptes mais aussi audités par les plus grands cabinets d'audits au monde et que pour le dernier exercice, ses états financiers ont été certifiés sans réserve ». Pour l'heure, seule la Gécamine a réagi officiellement au rapport de Global Witness, qui cite également la Fédération des entreprises congolaises, des organismes fiscaux, des banques de la place ou encore des hommes d'affaires qui gravitent autour du président Kabila.

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