Corruption : la pédagogie avant la répression, préconise le CAFRAD

Le 55ème conseil d’administration du CAFRAD a été l’occasion pour l’institution de dévoiler sa vision en terme de lutte contre la corruption. Un chantier où le Centre panafricain compte faire passer la pédagogie et l’inclusion citoyenne avant la répression, que les experts du Centre estiment comme un dernier recours.

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Pour le directeur général du CAFRAD,  la lutte contre la corruption ne doit pas se limiter au recours à la police et à la justice
Pour le directeur général du CAFRAD, " la lutte contre la corruption ne doit pas se limiter au recours à la police et à la justice" (Crédits : Reuters)

Le Centre africain de formation de recherches administratives pour le développement (CAFRAD) a choisi la capitale marocaine Rabat, pour discuter les 5 et 6 juin, de « la lutte contre la corruption dans les services publics en Afrique en tant qu'élément d'opérationnalisation de la Gouvernance responsable ».

Changer les institutions de l'intérieur

Cette table ronde se tient en marge de la 55ème réunion du Conseil d'administration du Cafrad. L'objectif de cet événement est d'accompagner les efforts fournis par les pays membres et observateurs en termes d'implémentation d'outils de gouvernance publique responsable. La gouvernance est, depuis ces dernières années, entrée dans le vocabulaire des institutions internationales et s'est retrouvée au cœur des réformes des institutions publiques et de leurs modes de fonctionnement.

Un phénomène qui touche également le CAFRAD, comme la plupart des institutions panafricaines. Pour le Centre, la mise en place du concept de gouvernance publique responsable, participe avant tout à la construction « d'une démarche africaine autour des dynamiques d'invention ou de réinvention de stratégies continentales en vue des transformations positives des institutions publiques grâce au changement de comportement de ses agents ».

Un défi qui reste tributaire de la lutte contre la corruption, qui est pour le CAFRAD comme l'un des axes phares de la modernisation des administrations et services publics en Afrique. « Nous ne devons pas laisser la culture de la corruption s'installer. La lutte contre ce phénomène ne doit pas être l'apanage de la police et de la justice. La pédagogie doit prendre le dessus et faire de la répression un outil parmi d'autres dans la lutte contre la corruption », précise Stéphane Monney Mouandjo, directeur général du CAFRAD.

Explorer de nouvelles voies contre la corruption

Pour cette instance panafricaine, la mise en place d'un système de gouvernance efficient reste tributaire de résultats concrets dans la lutte contre la corruption, tant la « petite » qui touche le citoyen lambda et les petits ou moyens entrepreneurs au moment d'obtenir des services publics de base, que la « grande » qui touche les politiques publiques et les grands projets structurants. Maintenir ce genre de pratique freine l'institution de nouveau rapports entre les Etats et leurs citoyens.

Le CAFRAD compte ainsi actualiser le concept de lutte contre la corruption en Afrique en faisant appel aux Etats membres, notamment leurs organes dédiés à ce chantier, mais aussi aux médias, à la société civile et aux centres de formations de cadres et hauts fonctionnaires. Le Centre devra également s'atteler à identifier les limites organiques, structurelles et opérationnelles des stratégies actuelles de lutte contre la corruption dans les administrations publiques au niveau continental.

L'objectif du Centre reste de faciliter l'émergence d'une approche nouvelle de lutte contre la corruption, qui serait construite à partir de l'implication directe des citoyens via « un concept de responsabilisation qui se démarque de celui de la suspicion ». Pour les experts du CAFRAD, ce changement de paradigme devrait mettre le citoyen et l'argent public au cœur de la stratégie et garder le volet répressif comme levier à actionner.

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