Bénin : manifestation et grève pour dénoncer la gouvernance Talon

Le gouvernement béninois fait actuellement face à une fronde sociale. L'équipe de Patrice Talon est accusée de mauvaise gouvernance. Ce jeudi, plusieurs centaines de Béninois ont manifesté pour protester contre la gestion de leur président. Parallèlement, des syndicats du port de Cotonou sont en grève dénonçant une ''privatisation déguisée'' par l'Etat.
(Crédits : Reuters)

Patrice Talon a sûrement actuellement le sommeil dérangé. Une partie de ses compatriotes l'accuse publiquement de mauvaise gouvernance. Ce jeudi, dans les rues de Cotonou, on a pu voir un millier de personnes qui manifestaient contre la gestion du Président de la République, sur appel du Front pour le sursaut patriotique, une coalition de partis d'opposition et de mouvements de la société civile.

« Nous avons voulu dire au président Talon que le peuple a faim et que la mauvaise gouvernance qui caractérise sa gestion énerve le peuple », a déclaré Cécil Adjévi, responsable d'un parti politique de l'opposition et un des meneurs de la marche organisée.

Selon lui, le chef de l'Etat doit prendre en compte les revendications qu'ils formulent afin de se montrer plus proche de son peuple. Un peuple dont une partie est visiblement remontée contre son leader comme en témoignent ces déclarations au micro de nos confrères de l'AFP. « Nous sommes debout comme un seul homme contre les privatisations sauvages du régime », a confié Cédric Mankponsè, étudiant de 24 ans et participant à la marche de protestation. Comme lui, Alimatou Dramane, vendeuse au marché de Cotonou, pense que « une grande partie du peuple » n'est pas d'accord avec Patrice Talon sur sa politique. « Le président doit prendre nos revendications en compte. Lorsqu'on s'attaque à la santé d'un peuple qui a faim, le peuple doit réagir », a-t-elle déclaré.

Arrivé au pouvoir en mars 2016, il y a un peu plus d'un an déjà, Patrice Athanase Guillaume Talon, l'homme d'affaires reconverti, a fait une promesse à son pays. Il s'agit de relancer une économie pas très au point, à cause des malversations financières dénoncées par la presse du pays et imputées au régime Yayi Boni, et aussi d'un secteur agricole (le coton) peu organisé. Et pour atteindre ses promesses, le nouveau président n'a pas hésité à introduire des réformes pour la plupart libérales. Un point de discorde de plus entre plusieurs Béninois et lui.

Une grève au port pour corser la protestation

La protestation contre Patrice Talon bat son plein. Parallèlement à la marche de protestation du Front pour le sursaut patriotique, ce sont les syndicats des entreprises publiques travaillant sur la plateforme portuaire qui ont déclenché une grève de deux jours pour montrer leur désaccord vis-à-vis de la décision du gouvernement de confier la gestion du port à un mandataire privé. Les grévistes disent soupçonner une « privatisation déguisée » et déclarent avoir peur pour leur emploi.

Après une première phase de la grève, dite« grève d'avertissement », la semaine passée suivie de discussions avec le ministre des Transports sans issue, ils comptent faire plier le gouvernement. Ce dernier contestant les soupçons des grévistes a d'ailleurs déjà lancé un appel public à recrutement le 29 mai dernier.
Notons que ces manifestations anti-Talon auraient pu ne pas tenir. Alors que le préfet du Littoral, Modeste Toboula, avait interdit la marche, le président de la République lui-même était intervenu en réclamant l'annulation de l'arrêté préfectoral, arguant qu'il privilégie la liberté d'expression. « Le chef de l'Etat précise que la liberté d'expression et d'opinion des Béninois reste une valeur cardinale »,  a précisé mercredi soir un communiqué de la présidence.

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