Burkina Faso : coup d’Etat confirmé, Ibrahim Traoré désigné nouveau président de la transition

La prudence était de mise vendredi matin, mais tous les ingrédients d’un coup d’Etat étaient bel et bien réunis. En soirée, le Lieutenant-colonel Damiba a été démis de ses fonctions et un nouveau président de la transition a été proclamé.
(Crédits : dr)

Le capitaine Ibrahim Traoré est le nouvel fort au Burkina Faso. Il a été proclamé président de la transition ce vendredi 30 septembre en début de soirée à la télévision nationale, par le MPSR, la nouvelle junte au pouvoir. Ainsi, huit mois après le coup d'Etat qui a provoqué la chute de Roch Marc Christian Kaboré, le Lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba est démis de ses fonctions de chef d'Etat.

Le « péché » de Damiba

« Les actions du colonel Damiba nous ont convaincu que ses ambitions s'écartent largement de l'idéal commun. Nous avons assisté à la restauration au forceps d'un ordre ancien, par des actes de nature à remettre en cause l'indépendance de la justice et créer des précédents graves. Les choix hasardeux ont progressivement affaibli notre système sécuritaire. Les lourdeurs administratives qui caractérisaient le régime déchu se sont aggravées sous la transition, compromettant ainsi des opérations à caractère stratégique », a déclaré le porte-parole des putschistes sur la Radio Télévision Burkinabè (RTB).

Ces militaires assurent avoir tenté, « à plusieurs reprises » et en vain, d'approcher les autorités de la transition, afin de « recentrer la transition » sur la situation sécuritaire en constante dégradation. « Conscients de nos responsabilités, nous avons de manière concertée élaboré un programme de réorganisation de l'armée, ce qui aurait permis d'opérationnaliser des unités combattantes à mesure de lancer des contre-offensives. Rejetant cette proposition, le colonel Damiba a persisté avec l'articulation militaire qui a été à la base de l'échec du régime du président Roch Marc Christian Kaboré », ont-ils expliqué.

Après une journée confuse

Tout a commencé avec  la série de tirs entendue au lever du soleil vendredi dans le camp militaire et certains quartiers résidentiels de Ouagadougou. Toute la journée, la situation est restée confuse dans le pays. Mais plusieurs éléments poussaient déjà à s'interroger: les militaires déployés dans la ville, le signal de la télévision nationale coupé, de nouveaux tirs plus retentissants dans l'après-midi...

Le communiqué de la présidence n'est venu qu'en mi-journée, tentant de rassurer et évoquant des négociations en cours pour régler des mouvements d'humeur. La note présidentielle évoquait une "ennemi" cherchant à déstabiliser le Burkina Faso et face à qui le Lieutenant colonel Damiba -qui n'avait fait aucune apparition publique- appelait les Burkinabè à s'unir.

Frontières fermées, couvre feu..., jusqu'à nouvel ordre

Il s'agit littéralement d'un coup d'Etat dans le coup d'Etat, puisque le Lieutenant-colonel Damiba qui tombe aujourd'hui a dirigé la chute de Roch Marc Christian Kaboré en janvier dernier, il y a donc huit mois.

Depuis ce vendredi soir, la Constitution et les activités politiques sont suspendues, le gouvernement et l'assemblée législative de transition sont dissous, les frontières aériennes et terrestres sont fermées jusqu'à nouvel ordre. Les Burkinabè vont devoir en plus observer un couvre feu de 21 heures à 05 heures du matin.

Article mis à jour le 01.10.2022 à 8:05.

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