Présidentielle en Guinée : Cellou Diallo refuse de reconnaître les résultats officiels des élections

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(Crédits : DR.)
L'addition des résultats publiés depuis mardi dernier donne Condé vainqueur avec plus de 2,4 millions des voix sur environ 3,9 millions d'exprimés. Le président sortant distance très largement Diallo et s'assure une majorité absolue et une réélection dès le premier tour.

Cellou Dalein Diallo, le challenger du chef de l'Etat sortant à la récente présidentielle en Guinée, a exclu vendredi de reconnaître les résultats publiés par l'organe chargé des élections et s'est dit ouvert à une médiation internationale pour sortir des troubles qui agitent le pays. « Il est hors de question d'accepter les faux résultats que la CENI (Commission électorale nationale indépendante) est en train de proclamer en faveur d'Alpha Condé », le président sortant, qui brigue un troisième mandat controversé, a dit Diallo dans un entretien avec l'AFP.

Chargée d'organiser la présidentielle de dimanche dernier, la CENI publie depuis mardi des résultats circonscription par circonscription. Jeudi soir, elle avait communiqué les résultats de 37 des 38 circonscriptions nationales, ne laissant plus de doute sur ce que serait l'issue pour les organes officiels.

Selon l'addition de ces résultats, Condé l'emporte avec plus de 2,4 millions des voix sur environ 3,9 millions d'exprimés, distançant très largement Diallo (environ 1,2 million de suffrages) et s'assurant une majorité absolue et une réélection dès le premier tour.

Diallo s'est unilatéralement proclamé vainqueur lundi en se fondant sur les résultats remontés par ses partisans. Il accuse le pouvoir de falsifier les résultats.

Violences sur fond d'appartenances communautaires

Les tensions qui ont précédé le vote pendant des mois se sont intensifiées après le vote. Conakry et d'autres villes sont en proie à des affrontements meurtriers entre jeunes supporteurs de Diallo et forces de l'ordre, et aucune issue n'est en vue.

Diallo, dont le domicile est ceinturé par les forces de sécurité et qui dit ne pouvoir en sortir, a déclaré s'alarmer du risque que les agissements de Condé ne donnent une tournure ethnique à la crise.

Les appartenances communautaires sont un important facteur politique, les Malinké se reconnaissant majoritairement dans le parti de Condé, les Peuls dans celui de Diallo. Les deux groupes représenteraient largement plus de la moitié de la population.

Interrogé sur les moyens d'une sortie de crise, Diallo a dit ne pas être « opposé à une médiation internationale », rapporte l'AFP.

Pour rappel, les violences post-électorales enregistrées depuis le scrutin du 18 octobre ont fait sept morts et de nombreux blessés (bilan annoncé mercredi dernier) ainsi que des dégâts matériels importants.

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