Présidentielle au Togo : mis sur orbite, Faure Gnassingbé file vers son quatrième mandat

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(Crédits : DR)
L’Union pour la République (UNIR) a attendu la veille de clôture du dépôt des candidatures le 8 janvier pour annoncer ce qui n'était qu'un secret de polichinelle. Sans surprise, le congrès d'investiture du parti au pouvoir a désigné Faure Gnassingbé, candidat à la présidentielle du 22 février. Avec cette nouvelle mise sur orbite, le président sortant, au pouvoir depuis 2005, file vers un quatrième mandat

Le scénario semble se répéter. Après la levée des scellés de la limitation des mandats par une modification de la Constitution, Faure Gnassingbé a été adoubé ce mardi 7 janvier lors du congrès d'investiture de l'Union pour la République (UNIR), au siège de son parti. «Le souhait des militants, c'est de me voir porter les couleurs de notre parti à l'élection présidentielle de 2020, je les ai remerciés et en toute humilité, j'ai accepté», a déclaré le président sortant devant un parterre de cadres-militants, tee-shirts et drapelets en bleu.

Un quatrième tour de piste présidentiel

Avec cette nouvelle mise sur orbite, Faure Gnassingbé, élu en 2005, brigue un quatrième mandat à la tête du Togo et peut théoriquement y rester jusqu'en 2030. Le secret de cette longévité est presque un patrimoine paternel bien conservé. Le président sortant est bien parti pour battre le record des 38 ans de règne de son père, le général Gnassingbé Eyadema. Arrivé au pouvoir en 1967 après avoir déposé Nicolas Grunitzky, il décède le 5 février à bord de l'avion qui l'évacuait vers Paris pour des soins à la suite d'une crise cardiaque. Passée une période de transition finalement imposée par la pression internationale, Faure Gnassingbé a hérité du fauteuil de son père.

Aujourd'hui, Gnassingbé file vers un quatrième mandat au terme duquel -s'il remporte la présidentielle-, il aura passé vingt ans au Palais. Et rien dans la configuration actuelle d'une Assemblée nationale largement dominée par le parti au pouvoir n'indique que le calendrier des ajustements constitutionnels soit complètement bouclé pour les années à venir. Et comme pour confirmer la prédiction, c'est en rangs dispersés que l'opposition va aborder le virage de la présidentielle du 22 février prochain.

Lire aussi : Présidents africains : le club des mandats au-delà de la limite constitutionnelle [1/2]

Opposition en rangs dispersés

Au Parti National Panafricain (PNP), toujours en exil, Tikpi Atchadam a failli manquer le rendez-vous, Tchatikpi Ouro-Djikpa, son plus proche lieutenant (désormais exclu) ayant voulu présenter sa propre candidature en catimini. Après l'éclatement de la coalition C-14, Jean-Pierre Fabre doit se résoudre à faire cavalier seul en portant les couleurs  de l'Alliance nationale pour le changement (ANC), le deuxième plus grand parti du pays.

Pour combler l'absence d'union sacrée, c'est l'église catholique qui fait prospérer l'idée d'une candidature unique de l'opposition. Agbéyomé Kodjo, Premier ministre d'Eyadema Père de 2000 à 2002, devenu député, a été oint pour apporter l'alternance au pouvoir sous les couleurs du Mouvement patriotique pour le développement et la démocratie (MPDD).

Tout comme les autres candidats de la longue liste de prétendants au fauteuil présidentiel, ils devront d'abord passer le cap des sélections. Le chronogramme  de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) prévoit de clore le dépôt des candidatures ce 8 janvier 2020 à minuit. En attendant la publication de la liste des candidatures provisoire et définitive, l'ouverture de la campagne est fixée au 6 février 2020 pour être clôturée le 20 février. Le sort en sera jeté et les Togolais attendront de savoir leur nouveau président pour les cinq prochaines années.

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