Guinée-Bissau : deux Premiers ministres lorgnent le fauteuil présidentiel

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(Crédits : IJB pour LTA (DR))
Ils ont tous les deux occupé le bureau de la Primature, la plus haute fonction gouvernementale. Aujourd’hui, ils lorgnent le fauteuil de président de cette République parlementaire, la plus prestigieuse fonction exécutive du pays. A 56 ans, Domingos Simões Pereira du PAIGC, fera face au second tour de la présidentielle à Umaro Sissoco Embaló (47 ans) du Madem. Mais à la fin du duel des deux ex-Premiers ministres, un seul pourra recevoir les clefs du Palais de la Place des Héros à Bissau.

Dans le camp de Domingos Simões Pereira, ses partisans du Parti pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC) espéraient l'emporter dès le premier tour. Mal leur en prie lorsqu'en véritable surprise surgie des urnes, Umaro Sissoco Embaló du Mouvement pour l'alternance démocratique (Madem-G15) pour se placer deuxième.

Un duel de Premiers ministres pour une place au Palais

Au tableau des scores livré par la Commission électorale nationale(CNE), le président du PAIGC, le parti historique qui domine la vie politique, a raflé 40,13 % contre 27,65% pour le porte-étendard du Madem-G15, un parti né de la scission du premier parti. Sans sortir vainqueur du premier de la présidentielle, Nuno Gomes Nabiam du Parti démocratique de Guinée-Bissau (APU-PDGB) a obtenu 13,16 % des suffrages exprimés. Une revanche sur José Mário Vaz, président sortant et candidat indépendant, qui n'a pas recueillir que 12,41 % des voix. Avec l'éparpillement des voix entre les onze candidats en lice, le second tour du 29 décembre prochain devra départager les deux candidats sortis en tête des urnes.

La configuration de ce qui se profile au second tour ? Un duel de Premiers ministres pour accéder au fauteuil du Palais de la Place des Héros. L'arrivée de Domingos Simões Pereira au poste de Premier ministre (juillet 2014 à août 2015) de José Mário Vaz s'est faite dans le sillage de son élection à la tête du PAIGC. Mais la querelle d'égos et de préséance entre les deux hommes s'était mue en une rivalité au sein de l'Etat qui a conduit au limogeage de Pereira. A 56 ans, la candidature de cet ingénieur à la présidence a donc des allures de revanche contre celui qui lui a refusé à nouveau sa nomination au poste lorsqu'il a remporté les législatives de mars 2019. Cette fois-ci, il espère quitter son bureau du PAIGC pour celui du palais présidentiel, situé à quelques pas de là.

Tractations pour les alliances du second tour

Plusieurs ministres ou conseillers dans les précédents gouvernements, Umaro Sissoco Embaló a de son côté accédé au poste en 2016. Dans un pays où la longévité au poste est souvent tributaire du style managérial du président, il avait fini par démissionner moins de deux années plus tard, emporté par une crise politique. Général de brigade plus tard formé en relations internationales, Umaro Sissoco Embaló a créé la surprise des urnes lors de la première présidentielle à laquelle il participe. Le Madem-G15, le parti issu de la scission du PAIGC, espère mettre un terme à l'hégémonie du parti historique dans la vie politique.

Désormais à Bissau, les tractations pour la formation des alliances ont atteint leur paroxysme afin d'accéder au fauteuil du Palais. Mais les analystes se gardent bien d'émettre un pronostic entre les devanciers du premier tour. L'histoire politique du pays est en effet jalonnée de coups d'Etat sanglants dont certains dans l'entre-deux-tours comme en 2012. Même si l'armée assure qu'elle restera parquée dans les casernes pour laisser l'expression populaire décider de l'avenir du pays, l'issue du duel est difficile à prévoir. Tout le défi sera de réformer le régime politique afin de prévenir l'instabilité politique dans ce pays qui rêve de rattraper son retard.

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