Présidentielle en Guinée-Bissau : pourquoi la date du second tour a-t-elle été avancée ?

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José Mário Vaz, lors de l'élection présidentielle d'avril 2104 en Guinée-Bissau.
José Mário Vaz, lors de l'élection présidentielle d'avril 2104 en Guinée-Bissau. (Crédits : Reuters)
Avec un duel classique entre José Mário Vaz, président sortant, et Domingos Simoes Pereira, candidat du PAIGC, la présidentielle du 24 novembre doit départager huit prétendants au poste. Mais le calendrier électoral vient d’être revu avec une date du second tour avancée de plus d’une semaine pour un scrutin crucial pour solder la crise politique qui secoue le pays depuis 2015.

Le calendrier de la présidentielle du 24 novembre en Guinée-Bissau vient de connaître un nouveau changement. Contrainte par le ministère de l'Administration territoriale et de la Gestion des élections, la Commission nationale électorale (CNE) a avancé la date du second tour de la présidentielle. C'est le second changement intervenu cette année après la fixation par décret présidentiel qui avait corrigé les dates proposées par la CNE.

Un second tour prévu le 29 décembre prochain

Dans le détail, le premier tour du scrutin avait été initialement prévu le 24 novembre prochain, tandis que le second était fixé au 5 janvier 2020. Ce mercredi 11 septembre, selon les nouvelles dates annoncées par la CNE, le premier tour est maintenu à la même date. Avancé de 7 jours, le second tour est quant à lui prévu le 29 décembre 2019.

«Nous travaillons à la correction du fichier pour y inclure les noms d'environ 25 000 électeurs qui ont été omis par erreur technique, lors des élections législatives. Lais il appartient aux candidats de décider avec la CNE d'utiliser ou non le fichier électoral corrigé», a justifié Odete Costa Semedo, la ministre de l'Administration territoriale, après une visite au siège de la CNE. La révision du fichier électoral est la principale pomme de discorde entre le gouvernement et les partis politiques.

Fichier électoral: pomme de discorde

Ces derniers réclament que le fichier qui doit servir de base à l'identification des électeurs soit dépouillé de ses doublons, des personnes décédées et qu'il soit ouvert à l'inscription de personnes qui vont atteindre la majorité à la date du premier tour. «Un consensus est nécessaire entre les acteurs politiques bissau-guinéens, notamment dans la gestion du fichier électoral», a fait savoir Jean-Claude Kassi Brou, président de la Commission de la CEDEAO à la suite du séjour d'une mission de son institution présidée par Kalla Ankoura, chef de la diplomatie du Niger.

L'institution sous-régionale souhaite rapidement parvenir à l'organisation, avant la fin de l'année, d'une élection pour solder la longue crise politique née de la rivalité au sommet de l'Etat entre José Mário Vaz et Domingos Simoes Pereira, son ancien Premier ministre. Grand espoir de la communauté internationale, les élections législatives du 10 mars dernier n'ont pas réussi à apaiser cette crise. La CEDEAO a dû jouer des coudes pour obtenir le maintien à son poste de José Mário Vaz tout en le dépouillant d'une partie de ses prérogatives confiées au Premier ministre Aristide Gomes. Le scrutin présidentiel doit permettre de sortir de l'ornière.

Elle mettra aux prises, outre le sortant José Mario Vaz, Domingos Pereira, la tête d'affiche du PAIGC, parti historique de l'indépendance, six autres prétendants dont les deux anciens Premiers ministres Carlos Gomes Junior et Umaro Sissoko. Le dernier délai de dépôt des candidatures à la Cour suprême est fixé au 25 septembre. Reste à se mettre d'accord sur le fichier électoral qui alimente la querelle politique.

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