Violences xénophobes en Afrique du Sud : l'indignation gagne plusieurs pays du Continent

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(Crédits : Reuters)
Les nouvelles violences xénophobes enregistrées dans plusieurs villes du pays depuis dimanche dernier ont suscité une vague d'indignation sans précédent sur le Continent. Sur les réseaux sociaux, les commentaires foisonnent pour condamner les attaques visant les étrangers et plusieurs pays comptent prendre des mesures de rétorsion.

L'appel au calme ainsi que les garanties données par les autorités sud-africaines ne suffiront peut-être pas cette fois à atténuer la vague d'indignation qui a suivi les nouvelles violences xénophobes qui secouent, depuis dimanche dernier, le pays de Mandela. Des violences qui ont fait au moins cinq morts et des dizaines de blessés d'après les sources sécuritaires qui ont également annoncé près de 200 arrestations.

Mardi, alors que la tension continuait dans certains quartiers des grandes villes sud-africaines, le président Cyril Ramaphosa a condamné les attaques qui visent particulièrement les étrangers. «Je condamne dans les termes les plus forts les violences qui se sont propagées autour d'un certain nombre de nos provinces», a-t-il posté sur les réseaux sociaux en ajoutant «qu'il ne peut y avoir aucune justification pour qu'un Sud-africain s'en prenne à des gens d'autres pays».

Ce mercredi matin, en marge d'un déplacement au Cap, Ramaphosa a de nouveau condamné les violences : «S'en prendre à des étrangers n'est pas la bonne attitude. Tout le monde est bienvenu en Afrique du Sud. Nous ne sommes pas le seul pays qui accueille des réfugiés».

Dans un communiqué, le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat a également tenu à condamner «avec la plus grande fermeté, les actes de violence commis en Afrique du Sud contre des ressortissants de pays africains incluant le pillage et la destruction de leurs biens». Tout en saluant les mesures déjà prises par les autorités sud-africaines notamment les arrestations plusieurs personnes, Moussa Faki Mahamat a appelé à ce que des mesures préventives soient prises, «pour protéger la vie des personnes et leurs biens, veiller à ce que les auteurs de ces actes soient traduits en justice et que des réparations soient accordées aux victimes».

Le Nigeria hausse le ton et plusieurs pays envisagent des mesures de rétorsion

Le Nigeria est l'un des premiers pays du Continent avoir réagir à cette situation avec fermeté. Dans un communiqué rendu public par son cabinet mardi, le président Muhammadu Buhari a indiqué avoir pris connaissance, «avec une grande inquiétude», des nouvelles attaques sur les citoyens nigérians et leurs biens en Afrique du Sud depuis le 29 août. «Le président a également demandé à un envoyé spécial de rencontrer le président Cyril Ramaphosa pour lui faire part de ses inquiétudes et discuter de la situation», poursuit la même source. Selon des médiaux locaux, une réunion au sommet s'est tenue ce mercredi au cabinet présidentiel, avec l'évocation de mesures de rétorsion, notamment le rappel de l'ambassadeur du Nigeria en Afrique du Sud.

Les citoyens nigérians sont parmi les plus concernés par les violences comme par le passé, en 2017, où les deux pays ont été au bord de la rupture diplomatique à la suite d'une précédente action xénophobe dans la nation arc-en-ciel. Au Nigeria, plusieurs locaux de multinationales sud-africaines, notamment MTN ou les magasins Shoprite, ont été vandalisés par des manifestants qui ont été assez vite appréhendés par les forces de l'ordre.

En plus du Nigeria, plusieurs pays ont annoncé d'autres mesures pour condamner ces violences, notamment l'annulation de leur participation à l'édition africaine du World Economic Forum (WEF Africa 2019) qui va s'ouvrir dans quelques jours au Cap. Si les médias citent des pays comme la RDC ou la Tanzanie, la présidence sud-africaine a confirmé ce mercredi 4 septembre n'avoir reçu que la confirmation du Rwanda qui boycottera l'évènement.

De son côté, la Zambie a décidé d'annuler un match amical que devait disputer ce weekend, son équipe nationale contre les Bafanas-Bafanas sud-africains.

Tollé généralisé sur les réseaux sociaux

C'est sur les réseaux sociaux qu'a émergé une vague d'indignation sans précédent contre ces violences xénophobes qui ne sont pas les premiers du genre dans le pays.

Personnalités politiques, activistes de la société civile, hommes d'affaires, chanteurs, artistes et autres intellectuels ont tous relayé des messages d'indignation, mais aussi des appels à la solidarité avec les étrangers victimes de violences dans le pays. Le hastag #SayNoToXenophobia est ainsi devenu viral sur Facebook et Twitter afin d'amplifier les condamnations.

D'autres commentaires de citoyens anonymes se sont également indignés sur la toile de l'ampleur des violences à un moment où le Continent s'efforce de réussir son intégration. Des commentateurs qui n'hésitent pas à rappeler aux Sud-africains le rôle joué par les pays africains sous le régime de l'Apartheid.

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Commentaires
a écrit le 06/09/2019 à 15:20 :
Violences xénophobes en Afrique du Sud:
- Nous pensons qu'il importe de savoir les causes profondes de cette reaction de la part de la population sud africaine. car il n'y a pas de fumée sans feu.
- Quelqu'un a du organiser se soulevement contre les etrangers dont les pays hier etaient au coté de la minorité noire dans leur lutte contre apartheid.
- Qu'estce qui pouvait pousser les sud africains du nord au sud a poser cet acte de sauvagerie sans précédent contre les ressortissants africains qui sont entrain de faire prosperer l'économie sud africaine. cette cause doit etre frofonde
a écrit le 05/09/2019 à 11:42 :
Mes frères et soeurs africains! Ce les populations de sud africain On fait ce vraiment condamnable, On est tous des africains chercheon comment arrangé l'Afrique. Non à la destruction. Ni la tueries. On est tous des même. Et je demande au gouvernement de sud africain de prendre une décision majeur pour etteidre cette amalgame. Et mes condoléances aux parents nigerians qui On perdu leurs frères et leurs enfants.
Réponse de le 06/09/2019 à 15:27 :
Ce n'est pas seulement les ressortissants Nigerians qui sont victimes. Mais tout ressortissant africain menant des activités commerciales. pourquoi donc ceux - la?
Est ce par jalousie ou par haine contre ceux qui prosperent et gagnent leur pain a la sueur de leur front. Population noire sud africaine, au lieu de se jeter sur ceux chez qui vous pouvez apprendre a vous demerder, il vaudrait mieux aller a leur ecole pour le bonheur de votre pays et pour votre propre bonheur.
Réponse de le 06/09/2019 à 15:31 :
Ce n'est pas seulement les ressortissants Nigerians qui sont victimes. Mais tout ressortissant africain menant des activités commerciales. pourquoi donc ceux - la?
Est ce par jalousie ou par haine contre ceux qui prosperent et gagnent leur pain a la sueur de leur front. Population noire sud africaine, au lieu de se jeter sur ceux chez qui vous pouvez apprendre a vous demerder, il vaudrait mieux aller a leur ecole pour le bonheur de votre pays et pour votre propre bonheur.

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