Présidentielle anticipée : en Tunisie, annonces et rumeurs à l'ouverture des dépôts de candidatures

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(Crédits : Reuters)
Ses funérailles nationales passées, les derniers hommages rendus, c’est désormais l’organisation de la succession de Béji Caïd Essebsi qui occupe l’échiquier politique. Au milieu d’une cinquantaine d’intentions de candidatures, l’ancien président de la transition Moncef Marzouki, l’ancien Premier ministre Mehdi Jomaa, l’homme d’affaires Nabil Karoui ou encore le Premier ministre sortant Youssef Chahed s’alignent dans la course à la présidentielle anticipée du 15 septembre et entendent gravir les marches du Palais de Carthage à Tunis pour prendre le fauteuil laisser vacant par le patriarche.

Le système de parrainage devrait faire office de tamis à la multitude d'annonces de candidatures annoncées pour la présidentielle anticipée du 15 septembre prochain après le décès de Béji Caïd Essebsi à cinq mois de la fin officielle de son mandat. Pour voir son dossier validé par l'Instance supérieure indépendante des élections (ISIE), le prétendant au fauteuil du Palais de Carthage doit inclure dans son dossier de candidature, au moins 10 000 parrainages de citoyens, 10 parrainages de députés, à défaut d'un minimum de 40 parrainages d'élus locaux. Pas une mince affaire !

Une cinquantaine d'annonces ou d'intentions de candidatures

Lors des journées qui ont précédé l'ouverture des candidatures ce vendredi 2 août, les potentiels candidats ont délibérément multiplié les annonces et les rumeurs de parrainages complets. Pour le compte de Tahya Tounes, parti né en janvier dernier de la scission de Nidaa Tounes, Selim Azzabi, son secrétaire général, a déjà annoncé que Youssef Chahed sera le porte-drapeau du dernier né des partis en Tunisie. On imagine qu'il est le «candidat consensuel» à qui les islamo-conservateurs d'Ennahda vont apporter leur soutien, eux qui indiquent soutenir un candidat qui ne soit pas issu de leurs rangs.

L'actuel Premier ministre ne sera pas seul dans une course où les déclarations et les intentions de candidatures atteignent déjà le chiffre de cinquante prétendants dont 4 femmes. Il devra composer avec la concurrence de Moncef Marzouki, président de la transition pendant trois ans (2011 à 2014) à la suite de la chute de Zine Abidine Ben Ali. Son ancien Premier ministre, mais aussi celui du défunt président sortant, Mehdi Jomaa, a aussi l'ambition d'occuper la plus haute fonction politique du pays. En pleine tourmente judiciaire, l'homme d'affaires et patron de Nessma TV, Nabil Karoui, a indiqué par déclaration interposée que sa candidature pour la «Tunisie au cœur», son parti, devrait être déposée dès ce vendredi 2 août.

Résultats du premier tour attendus dès le 17 septembre

Le temps presse et la preuve de leur popularité doit être faite. Ouvert ce vendredi 2 août, le dépôt des candidatures va être fermé le 9 août. On devrait avoir la liste définitive des prétendants à la succession de Béji Caïd Essebsi le 31 août, lors de leur publication par l'ISIE. Dans le reste du calendrier, la campagne devrait être exceptionnellement courte. Elle s'ouvre le 31 août à l'étranger et le 2 septembre en Tunisie pour se refermer les 11 et 13 septembre à minuit.

Près de 7 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour désigner le prochain président pour les cinq prochaines années. Dès le 17 septembre, l'ISIE devrait publier les résultats préliminaires du premier tour, puis les résultats définitifs le 21 septembre après épuisement des recours. En cas de second tour, celui-ci sera organisé dans les deux semaines qui suivent la proclamation des résultats définitifs du tour précédent. A ce moment-là, un seul parmi les candidats pourra occuper le Palais.

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