Tunisie : doyen des chefs d'Etat africains, Béji Caïd Essebsi s'est éteint

 |   |  419  mots
(Crédits : Reuters)
Son décès est survenu ce jeudi 25 juillet à 10h25 à l'Hôpital militaire de Tunis où il venait d'être hospitalisé la veille en soins intensifs. Premier président de la République élu par les urnes depuis la «Révolution du Jasmin», Béji Caïd Essebsi s'est éteint à l'âge de 92 ans. Son décès intervient à moins de cinq mois du scrutin qui devait désigner son successeur au Palais de Carthage.

Entre le 27 juin et le 1er juillet, Béji Caid Essebsi avait été hospitalisé une première fois à l'Hôpital militaire de Tunis après un malaise. Pour faire taire les rumeurs dont certaines annonçaient sa mort prématurée, il était même apparu dans une vidéo quelques jours après sa sortie d'hôpital. La seconde hospitalisation semble lui avoir été fatale.

Dans un communiqué diffusé ce jeudi 25 juillet 2019, la présidence tunisienne a annoncé le décès du président tunisien «qui a donné sa vie au service de son pays et a donné sa vie pour qu'il soit et reste libre». La veille au soir, le locataire du Palais de Carthage avait été transporté aux soins intensifs de l'Hôpital militaire de Tunis. Le décès a été constaté à 10h25 (heure locale).

Président de la Tunisie depuis 2014, Béji Caid Essebsi est devenu le premier président régulièrement élu après la «Révolution du Jasmin» qui a précipité l'exil de Ben Ali vers l'Arabie saoudite. A 92 ans, Béji Caïd Essebsi était le doyen des chefs d'Etat sur le Continent. Né en 1926 à Sidi Bou Saïd, bourgade située à quelques kilomètres de Tunis, cet avocat de formation avait connu tous les régimes qui ont traversé la Tunisie depuis son indépendance.

Un décès à moins de cinq mois avant la fin de son mandat

D'abord directeur de sécurité d'Habib Bourguiba, il en sera le ministre de l'Intérieur, puis de la Défense avant de se consacrer à des postes moins sécuritaristes. Ambassadeur de Tunisie en France dans les années 1970, il sera désigné par Bourguiba pour piloter la diplomatie tunisienne. Sous Ben Ali, il devient le président de la Chambre des députés sous la VIIIe législature. Puis quand ce dernier tombe, il devient le Premier ministre de Moncef Marzouki, alors désigné président par une assemblée nationale constituante.

Avec Nidaa Tounes, son parti fondé après la Révolution, Béji Caid Essebsi entreprend de conquérir le pouvoir par les urnes. Face aux islamo-conservateurs d'Ennahdha, Nidaa Tounes remporte les législatives d'octobre 2014, puis la présidentielle de l'automne de la même année. Béji Caid Essebsi devient le premier président élu lors des premières élections libres de la Tunisie post-Révolution. Il décède au pouvoir, moins de cinq mois avant la fin officielle de son mandat.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :