Décès de Béji Caïd Essebsi : Mohamed Ennaceur, intérimaire pour une présidentielle anticipée

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(Crédits : Reuters)
Pour éviter le vide juridique, une présidentielle anticipée et un président par intérim intronisé. Quelques heures après le décès de Béji Caïd Essebsi, l'agenda politique et constitutionnel s'en trouve chamboulé. Le défunt président devrait être inhumé ce samedi 27 juillet. En attendant, c'est Mohamed Ennaceur, président de l'Assemblée nationale, qui a prêté serment pour assurer la présidence par intérim. Il a entre 45 et 90 jours pour organiser une nouvelle présidentielle. Mais certains plaident déjà pour une élection anticipée.

Béji Caïd Essebsi pouvait-il espérer plus belle mort ? Défenseur jusqu'au bout d'une démocratie inclusive, le défunt président tunisien a rendu l'âme à 10h25 dans la matinée de la Fête de la République. Sans attendre, Mohamed Ennaceur a tenu ce jeudi 25 juillet, en compagnie du chef du gouvernement Youssef Chahed, une réunion d'urgence au siège du Parlement.

Un intérim de «quarante-cinq jours au moins et de quatre-vingt-dix jours au plus»

A la sortie de cette réunion, Mohamed Ennaceur, président de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP), a levé le doute sur la vacance du pouvoir lors d'une allocution télévisée. Au moment où il aura fini de prononcer le serment devant les députés réunis en urgence cet après-midi, Mohamed Ennaceur deviendra le président de la Tunisie, le temps du deuil de celui qu'il ne remplacera que quelques jours. L'intéressé l'a confirmé dans une déclaration juste à sa sortie de la réunion d'urgence.

La question est déjà réglée par l'article 85 de la Constitution tunisienne. «En cas de vacance définitive, le Président de la République par intérim prête le serment constitutionnel devant l'Assemblée des représentants du peuple, et le cas échéant, devant le bureau de l'Assemblée, ou devant la Cour constitutionnelle en cas de dissolution de l'Assemblée», peut-on lire dans la Constitution. Pour quelle durée? «Quarante-cinq jours au moins et de quatre-vingt-dix jours au plus», éclaire l'article 84 du même texte.

Cette période doit être mise à profit par le président intérimaire pour organiser une nouvelle élection présidentielle à laquelle il ne peut être candidat. Seulement, le décès de Béji Caïd Essebsi intervient à moins de cinq mois d'une présidentielle prévue le 17 novembre prochain. S'il choisit de rester au Palais de Carthage pour une période de 90 jours, Mohamed Ennaceur aura fini d'assurer l'intérim à la date du 22 octobre, presque un mois avant la présidentielle de novembre.

Funérailles nationales et présidentielle anticipée

Pour éviter la vacance du pouvoir pendant cette courte période, beaucoup plaident pour une présidentielle anticipée en avançant la date. Pour l'Instance supérieure indépendante des élections (ISIE), avancer la date de la présidentielle est désormais une obligation. «Le président par intérim a 90 jours pour organiser une présidentielle. Celle-ci sera donc avancée afin de respecter le calendrier prévu par la Constitution», a confié Nabil Baffoun, président de l'ISIE à nos confrères de l'AFP.

Sans annoncer de nouvelle date qu'elle communiquera après une réunion interne, l'Isie n'a pas encore indiqué si ce décalage dans le calendrier électoral devrait affecter les législatives prévues le 6 octobre. Aucune annonce également sur l'application ou non du Code électoral amendé que Béji Caïd Essebsi s'était refusé à promulguer pour, justifie son entourage, respecter l'inclusivité qui caractérise la démocratie dans une Tunisie post-Révolution. Le défunt président sera inhumé ce samedi 27 juillet lors de funérailles nationales. Un dernier hommage pour le vétéran de la politique tunisienne.

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