La Russie lève ses sanctions à l'encontre de l’Érythrée

Gels des avoirs, embargo sur les armes, interdiction de séjour dans des pays occidentaux pour les hauts responsables…Depuis bientôt dix ans, l’Erythrée, que l’on surnomme «la Corée du Nord de l’Afrique de l’Est», est sous la sanction d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Vladimir Poutine, président de la Russie, vient de signer un décret pour lever les sanctions à l’encontre du pays d’Isaias Afwerki, avec presque... un an de retard!
(Crédits : Reuters)

C'est le portail juridique du Kremlin qui publie l'information sur son site. Ce lundi 22 juillet, Vladimir Poutine a signé le décret présidentiel pour faire lever les sanctions de la Russie à l'encontre de l'Érythrée. Par cet acte, l'actuel président russe annule un décret signé par son prédécesseur Dimitri Medvedev pour entériner des sanctions votées par la résolution 1907 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Le 23 décembre 2010, réuni à New York, le Conseil de sécurité décide de sévir contre le soutien présumé de l'Érythrée, dirigée depuis son indépendance par Isiais Afwerki, aux rebelles Shebabs en Somalie. En dépit des dénégations d'Asmara, alors au bord d'une reprise des hostilités avec son voisin éthiopien, la communauté internationale adopte le régime de sanctions strictes. En plus d'autres sanctions, le Conseil de sécurité se met d'accord pour imposer un embargo sur les armes, des interdictions de voyage et de séjour à des hauts responsables, un gel des avoirs d'une liste de personnalités haut placées.

Levée de sanctions, retour d'Asmara

Il faut dire que l'Érythrée n'a pas toujours été en odeur de sainteté dans les couloirs des organisations internationales. Ancienne colonie britannique plus tard annexée à l'Ethiopie, elle obtient son indépendance en 1993 après une guerre portée par le mouvement de libération du pays. Régulièrement épinglée par les ONG internationales qui dénoncent des emprisonnements arbitraires ou de possibles crimes contre l'Humanité, l'Erythrée n'a connu qu'Isaias Afwerki comme président qui a installé une autocratie valant à son pays l'appellation peu flatteuse de «Corée du Nord de l'Afrique de l'Est».

Peu à peu, Asmara se refait une nouvelle image, notamment grâce à l'ouverture envers Addis-Abeba avec qui elle a signé en juillet 2018 un accord de paix avant de renforcer ses liens de coopération diplomatique, politique et même économique. Du côté russe où l'on a plaidé pour une levée des sanctions pour encourager les efforts de paix d'Asmara, l'acte signé par Vladimir Poutine arrive pourtant bien en retard.

Le Conseil de sécurité a décidé de lever le régime des sanctions de la résolution 1907 en novembre 2018. La Russie semble ne s'être exécutée que près de neuf mois plus tard. Certains commentateurs y voient même un moyen de cultiver son influence dans la Corne de l'Afrique, devenue un enjeu stratégique pour toutes les puissances.

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