Soudan : un accord pour amorcer la fin de la crise politique

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(Crédits : Reuters)
Les efforts de médiation de l’Ethiopie d’Abiy Ahmed et de l’Union africaine (UA) ont porté leurs fruits. Assis à la table des négociations depuis des semaines, militaires et contestataires sont parvenus à un accord de sortie de crise. Selon l’issue des négociations, la transition politique après la destitution d’Omar El-Béchir sera organisée par un Conseil avec une présidence alternée d’au moins trois ans entre militaires et civils.

Ce sont d'abord les hommes en tenue qui devraient diriger pendant un an et demi, le Conseil national de transition. Les civils prendront ensuite le relais pour la même durée pour préparer l'organisation de nouvelles élections législatives et présidentielles qui devraient parachever le changement démocratique après le départ d'Omar El Béchir.

Deux jours seulement après la reprise des négociations entre le Conseil militaire de transition et l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), qui représente la contestation, c'est le point central de l'accord annoncé cette nuit à Khartoum par Mohamed Hacen Ould Lebatt, médiateur dans la crise pour le compte de l'Union africaine(UA). «Nous voulons rassurer toutes les forces politiques [...] et tous ceux qui ont participé au changement. Cet accord sera complet, il n'exclura personne et inclura toutes les ambitions du peuple», le général Mohammed Hamdan Daglo, le numéro 2 du Conseil militaire dans une déclaration relayée par l'AFP.

La rue veille

Dans le détail, le Conseil national de transition devrait être constitué dix membres dont cinq pour le Conseil militaire qui dirige le pays depuis la destitution de l'ancien chef de l'Etat; le même nombre de postes devrait revenir à l'ALC. La présidence de cette institution chargée de mener la transition à son terme devrait être «alternée pendant trois ans ou un petit peu plus», selon Mohamed Hacen Ould Lebatt.

En attendant les détails techniques de l'accord nuitamment annoncé, la prochaine étape devrait être l'installation effective du Conseil de transition puis la mise en place d'un gouvernement de type technocratique pour faire avancer les dossiers. Même si les négociations ont achoppé sur la mise en place d'un Conseil législatif en guise de Parlement, l'accord est un succès diplomatique pour l'Union africaine (UA), mais aussi pour l'Ethiopie dont Abiy Ahmed, son Premier ministre, avait offert ses bons offices.

Aucune des parties n'est repartie mécontente du round de négociations repris depuis le mercredi 3 juillet dernier. Le Conseil militaire obtient le partage du pouvoir transitionnel, malgré les exactions enregistrées lors de la violente répression le mois dernier. De son côté, l'ALC a obtenu l'ouverture d'une enquête sur ces violences qui ont fait une dizaine de morts. Désormais, les sit-in devraient être levés et la présence militaire réduite. Reste à savoir si les militaires vont tenir leurs promesses. La rue veille au grain !

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