José Mário Vaz vs Domingos Pereira : A Bissau, la guerre des chefs

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(Crédits : LTA)
Deux trajectoires de voyage qui illustrent bien le prolongement de la rivalité au sommet de l’Etat. Sans doute pour donner l’image qu’il n’est pas ébranlé par les événements, José Mário Vaz s’est envolé ce vendredi 28 juin vers Abuja pour assister au 55è Sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO consacré à la crise en Guinée-Bissau. De son côté, Domingos Simões Pereira est déjà arrivé à New-York au siège des Nations Unies pour y plaider sa cause. Entre les deux, la tension monte sur fond d’accusation de coup d’Etat. La guerre des chefs pourrait être inévitable.

L'affaire devra être tranchée par le marteau du juge de la Cour suprême. Mais officiellement, le Parti pour l'Indépendance de la Guinée-Bissau et le Cap-Vert (PAIGC) ne considère plus José Mário Vaz (Jomav) comme le président légitime du pays. La plus haute juridiction du pays est donc priée de prononcer la destitution de sa charge, arrivée à terme depuis le 23 juin dernier.

Un clash coup pour coup

Avant même l'expiration de son mandat, le président sortant a choisi de reconduire Aristide Gomes dans ses fonctions de Premier ministre. Un affront pour le PAIGC qui avait proposé Domingos Simões Pereira au même poste en se prévalant de son statut de vainqueur des législatives du 10 mars. Coup pour coup, le parti historique a choisi de rendre la monnaie de la pièce en allant au clash. Ce jeudi 27 juin, en l'absence du Madem G-15 et du Parti pour la rénovation sociale (PRS), avec 54 voix des 102 députés, le parti majoritaire a obtenu le vote d'une résolution visant à nommer Cipriano Cassamá, le président de l'Assemblée nationale, pour assurer l'intérim de Jomav jusqu'à l'élection de son successeur.

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« Le mandat du président de la République, José Mario Vaz est déjà arrivé à son terme, ce qui implique la cessation immédiate de ses fonctions constitutionnelles, à compter du 23 Juin, de l'année en cours», a commenté Kalifa Seydi, le président du groupe parlementaire du PAIGC, qui fait remarquer qu'avec ce vote, José Màrio Vaz n'est plus investi des pouvoirs de président de la République. La résolution n'attend plus que le blanc-seing de la Cour suprême face à une constitution muette sur ce cas de figure.

En attendant de connaître la fin du film, le président sortant poursuit le cours normal de ses activités. A la tête d'une délégation composée de João Ribeiro Có, le chef de la diplomatie et Aristide Gomes, le  nouveau Premier ministre contesté, José Màrio Vaz va assister au 55è Sommet de la CEDEAO, consacré à la crise politique en Guinée-Bissau. De son côté, Domingos Simões Pereira, le chef du PAIGC s'est rendu au sièges de l'ONU à New-York. Du lobbying de couloirs pour plaider sa cause auprès des puissances.

Tentative de coup d'Etat

Selon certaines indiscrétions, ce dernier devrait souffler à certaines puissances la violation par son rival de l'agenda de la CEDEAO qui prévoyait la nomination d'un Premier ministre issu des législatives du 10 mars dernier avant l'expiration du mandat présidentiel. Les destinations opposés sont symptomatiques d'une guerre des chefs entre les deux hommes dont la rivalité n'est pas encore définitivement soldée. Pour l'heure, le curseur pointe dangereusement vers une aggravation de ce nouveau duel

«Toute la journée du vendredi 25 juin, mais surtout la nuit, le président José Mário Vaz a organisé une opération de coup d'Etat consistant à nommer un Premier ministre. Il avait installé des éléments des forces de défense et de sécurité partout dans la capitale et tous les services publics jusqu'à la nomination et l'investiture d'un gouvernement de son initiative», a accusé ouvertement Domingos Pereira dans une conférence de presse.

Selon le chef du parti majoritaire, Macky Sall, le président sénégalais serait le parrain sous-régional de ce coup d'Etat par son soutien et sa coordination des actes posés par son homologue bissau-guinéen. Le passage en force aurait échoué car Jomav ne serait pas assuré du soutien de l'armée. Le mot est fort pour le pays qui vient de connaître le premier président qui a terminé son mandat depuis les élections de 1994, après avoir connu une succession de coups d'Etat.

«Nous avons des éléments qui nous permettent de dire ceci : c'est parce que le président Vaz n'a pas eu le feu vert de son parrain dans la sous-région, celui qui coordonne une bonne partie de cette opération et qui permet à notre ancien président de causer tout ce désordre», ajoute-t-il.

C'est le silence radio du côté des palais présidentiels à Dakar et Bissau qui n'ont pas encore répondu aux accusations. Mais les réponses ne sauraient tarder.

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